{"id":1262,"date":"2019-11-28T12:45:00","date_gmt":"2019-11-28T11:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.institutafriquemonde.org\/?p=1262"},"modified":"2020-01-17T15:02:02","modified_gmt":"2020-01-17T14:02:02","slug":"discours-du-pere-maugenest-au-colloque-de-lucac-en-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.institutafriquemonde.org\/index.php\/2019\/11\/28\/discours-du-pere-maugenest-au-colloque-de-lucac-en-2012\/","title":{"rendered":"Discours de Denis Maugenest au colloque de l&rsquo;UCAC en 2012"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Communication au colloque de l\u2019UCAC (10-11 mai 2012)&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Identit\u00e9 et mission de l&rsquo;Universit\u00e9 catholique en Afrique&nbsp;: Civilisation, culture et foi<\/h2>\n<h3>Introduction&nbsp;: Pourquoi un \u2018Europ\u00e9en\u2019 parle-t-il encore&nbsp;?&#8230; de savoir\u2026 ou d\u2019espoir&nbsp;?<\/h3>\n<p>Je vous remercie, Monsieur le Recteur, Monsieur le Mod\u00e9rateur, et vous tous chers Amis, de m\u2019avoir invit\u00e9 \u00e0 ce colloque du 20<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de votre Universit\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de laquelle je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tranger, avec bien d\u2019autres, et notamment Monsieur l\u2019abb\u00e9 Barth\u00e9lemy NYOM que j\u2019eus aim\u00e9 revoir ces jours-ci \u2013 comme nous le pr\u00e9voyions \u2013 s\u2019il ne nous avait pas quitt\u00e9 il n\u2019y a pas deux mois, et que vous avez accompagn\u00e9 \u00e0 sa derni\u00e8re demeure avec tous les honneurs qui lui \u00e9taient dus de par son exp\u00e9rience de courage, d\u2019\u00e9preuves et de sagesse.<\/p>\n<p>J\u2019ai pass\u00e9 vingt-deux ann\u00e9es en Afrique, \u00e0 la demande du Sup\u00e9rieur G\u00e9n\u00e9ral de la Compagnie de J\u00e9sus, le P\u00e8re Kolvenbach, \u00e0 qui j\u2019avais eu l\u2019imprudence de proposer, d\u00e8s 1985, la cr\u00e9ation de quelque structure universitaire en Afrique \u2013 moi-m\u00eame \u00e9tant alors doyen d\u2019une Facult\u00e9 de sciences sociales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Paris que fr\u00e9quentaient des Africains de plus en plus nombreux. Cela commen\u00e7a donc par la mise en place, d\u00e8s 1989, de l\u2019Institut catholique de Yaound\u00e9, de concert avec les Ev\u00eaques de l\u2019ACERAC (association des conf\u00e9rences \u00e9piscopales de la r\u00e9gion d\u2019Afrique centrale), la complicit\u00e9 active du Saint-Si\u00e8ge et la bienveillance de la R\u00e9publique du Cameroun&nbsp;; l\u2019Institut put s\u2019appeler Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale (UCAC) d\u00e8s la cr\u00e9ation de sa troisi\u00e8me facult\u00e9, de philosophie. Cela continua,&nbsp; pour ce qui me concerne, avec la mise en place, d\u00e8s 2002, du Centre de Recherche et d\u2019Action pour la Paix \u00e0 Abidjan, en lieu et place de l\u2019ancien INADES (Institut africain de d\u00e9veloppement) cr\u00e9\u00e9 quarante ans plus t\u00f4t (en 1962), avec \u2013 au-del\u00e0 de ses comp\u00e9tences \u00e9conomiques et sociales auxquelles il \u00e9tait originellement r\u00e9duit \u2013 leur extension aux domaines politique, culturel et religieux, au sein d\u2019une structure universitaire \u00e9galement nouvelle \u2013 en intelligence avec l\u2019UCAO, Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9e \u00e0 Abidjan. Cela se poursuivit enfin par une contribution \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Institut Cardinal Jean Margeot, en 2009, \u00e0 l\u2019Ile Maurice\u2026<\/p>\n<p>De retour en Europe il n\u2019y a pas encore neuf mois, apr\u00e8s vingt-deux ann\u00e9es d\u2019impr\u00e9gnation africaine, j\u2019\u00e9prouve d\u2019\u00e9tranges sentiments&nbsp;: la red\u00e9couverte d\u2019un monde qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 jadis familier, devenu autre que celui que je connaissais, et&nbsp;dont je fais l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00eatre en quelque sorte \u00e9tranger&nbsp;! M\u2019informant de ce que devient la recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Paris et dans les universit\u00e9s d\u2019Etat, j\u2019y constate, avec l\u2019aide de coll\u00e8gues amis demeur\u00e9s au Nord pendant mon absence, un malaise g\u00e9n\u00e9ral, celui de ne plus avoir de claire conscience de leur mission au sein d\u2019une civilisation en grand d\u00e9sarroi. Sans doute l\u2019Europe en est-elle arriv\u00e9e \u00e0 son d\u00e9clin, comme ce fut le cas, avant elle, de bien d\u2019autres civilisations : l\u2019Egypte, la Gr\u00e8ce, l\u2019empire romain, les empires azt\u00e8que et inca\u2026<\/p>\n<p>Et c\u2019est donc&nbsp;\u00e0 partir de ces exp\u00e9riences successives que je vous propose de nous interroger et r\u00e9fl\u00e9chir sur la mission des universit\u00e9s et leur contribution \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et la civilisation en g\u00e9n\u00e9ral, en Europe, en Afrique \u2013 et plus sp\u00e9cialement des universit\u00e9s \u2018catholiques\u2019, en restituant \u00e0 ce mot son sens originel, venu du grec <em>katholikos<\/em> = universel (sans limiter sa port\u00e9e \u00e0 la seule institution eccl\u00e9siale dite catholique, apostolique et romaine). Universit\u00e9 et catholicit\u00e9 indiquent une m\u00eame pr\u00e9occupation&nbsp;: celle de l\u2019unit\u00e9 dans la diversit\u00e9, de l\u2019un et du divers. La mission de l\u2019Universit\u00e9 n\u2019est-elle pas en effet d\u2019\u00eatre comme le creuset de l\u2019un et du divers au sein de chaque soci\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re et du monde dans son ensemble, d\u2019\u00eatre leur laboratoire, capable d\u2019ordonner et de rendre habitable leur chaos originel ?<\/p>\n<h2>1<sup>\u00e8re<\/sup> partie&nbsp;: L\u2019Universit\u00e9 et la civilisation europ\u00e9enne, aujourd\u2019hui arriv\u00e9e \u00e0 son d\u00e9clin<\/h2>\n<h3>A. Il y eut une belle civilisation europ\u00e9enne\u2026<\/h3>\n<p><em>Nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles\u2026<\/em> C\u2019est \u00e0 cet aveu qu\u2019\u00e9tait parvenu (il y a d\u00e9j\u00e0 80 ans&nbsp;!) Paul Val\u00e9ry, m\u00e9ditant sur l\u2019histoire du monde, et l\u2019\u00e9crivant d\u00e8s 1924, dans <em>La crise de l\u2019esprit<\/em>, en \u00e9voquant divers temps du monde et de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;: le temps de l\u2019Egypte et de ses Pharaons, le temps des Grecs et de leur civilisation hell\u00e9nistique jusqu\u2019en Inde, le temps de &nbsp;Rome et de son empire tout autour de la Mer M\u00e9diterran\u00e9e, le temps de la Chr\u00e9tient\u00e9 qui lui succ\u00e9da jusqu\u2019au Moyen-Age dans l\u2019ensemble du continent, et le temps de la civilisation europ\u00e9enne dans ses diverses versions particuli\u00e8res \u2013 italienne, fran\u00e7aise, britannique, allemande, espagnole\u2026<\/p>\n<p>Et de fait l\u2019Europe a sans doute \u00e9t\u00e9, un temps, le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019\u00e9closion d\u2019une civilisation apr\u00e8s celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e dans ce statut, et avant d\u2019autres qui lui succ\u00e8deront et ont d\u00e9j\u00e0 pris leur rang dans ce processus de succession dont les lois nous d\u00e9passent bien s\u00fbr. Et, de m\u00eame que celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e ont apport\u00e9 chacune leurs marques particuli\u00e8res \u00e0 l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale du monde, et les lui laissent d\u2019une certaine mani\u00e8re en h\u00e9ritage, l\u2019Europe aura apport\u00e9 sa marque&nbsp;: ce fut, je crois, celle des Universit\u00e9s qui ont \u00e9clos \u00e0 partir du 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle et ont fait de l\u2019Europe, pour l\u2019essentiel, ce qu\u2019elle est. A Bologne (Italie) d\u00e8s la fin de 12<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 Paris en 1200, \u00e0 Valence (Espagne) en 1209, \u00e0 Oxford (Angleterre) en 1214, les premi\u00e8res Universit\u00e9s voient le jour. Bien d\u2019autres suivront, \u00e0 Salamanque, Cambridge, Louvain, Heidelberg, Prague\u2026 Il est int\u00e9ressant de regarder de plus pr\u00e8s les circonstances de la naissance de celle de Paris&nbsp;: le roi (Philippe-Auguste) y encourage les ma\u00eetres et \u00e9l\u00e8ves \u00e0 cr\u00e9er une <em>Universitas<\/em> \u00e9chappant \u00e0 la tutelle de l\u2019\u00e9v\u00eaque et \u00e0 ses pr\u00e9tentions \u00e0 assurer le monopole de l\u2019enseignement et le contr\u00f4le de son contenu&nbsp;; encouragements confirm\u00e9s par le pape Innocent III d\u00e8s 1208, puis par son L\u00e9gat Robert de Cour\u00e7on en 1215, et plus tard encore, en 1229, par son successeur, Gr\u00e9goire IX. Robert de Sorbon y adjoint en 1253 un coll\u00e8ge, la Sorbonne. Il s\u2019agit de d\u00e9velopper un type d\u2019enseignement et de formation de l\u2019homme diff\u00e9rent de celui que la hi\u00e9rarchie religieuse&nbsp;impose avec sa bonne doctrine et ses dogmes&nbsp;; \u00e0 partir d\u2019une attitude dubitative&nbsp; quant aux certitudes premi\u00e8res que les humains peuvent se faire, est propos\u00e9 la <em>disputatio <\/em>ou la diff\u00e9renciation des jugements, l\u2019art des d\u00e9bats, des hypoth\u00e8ses et des th\u00e8ses, des controverses et du dialogue, bref la logique propre \u00e0 l\u2019esprit critique et \u00e0 la dialectique. C\u2019\u00e9tait ouvrir les portes de la pens\u00e9e \u2018moderne\u2019 qui, sortant du Moyen-\u00c2ge, conduira vers la Renaissance, la R\u00e9forme, le si\u00e8cle dit des lumi\u00e8res, la R\u00e9volution, et la Modernit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019Universit\u00e9 aura \u00e9t\u00e9 le creuset o\u00f9 s\u2019est form\u00e9e la civilisation europ\u00e9enne, \u00e0 travers l\u2019\u00e2pre querelle entre \u2018anciens\u2019 et \u2018modernes\u2019&nbsp;: de la fin du 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (et la d\u00e9couverte des nouveaux mondes) \u00e0 la fin du 18<sup>\u00e8me<\/sup>, avec l\u2019appui des gens des bourgs (\u2018bourgeois\u2019 de la premi\u00e8re urbanisation), le mouvement aboutira \u00e0 substituer de nouveaux r\u00e9gimes d\u2019Etat d\u00e9mocratiques aux anciens r\u00e9gimes monarchiques et aristocratiques. Le 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle aura sans doute \u00e9t\u00e9 le si\u00e8cle d\u2019or de cette civilisation europ\u00e9enne que le 20<sup>\u00e8me<\/sup> ne parviendra pas \u00e0 prolonger : les deux guerres mondiales et leurs abominations (dont la Shoa), puis l\u2019\u00e9mancipation des \u2018colonies\u2019 que s\u2019\u00e9taient constitu\u00e9es les puissances europ\u00e9ennes, ont en quelque sorte sign\u00e9 la fin d\u2019une \u00e8re qui n\u2019en finit certes pas de passer. C\u2019est que rien ne se fait sans la dur\u00e9e, tant pour cro\u00eetre que pour d\u00e9cro\u00eetre. Il est de beaux restes encore de cette civilisation de l\u2019Europe que lui envient toujours bien des nations et vers laquelle convergent encore bien des populations en d\u00e9sir de migrer\u2026 Mais si l\u2019Europe, d\u00e9sormais riche surtout de son patrimoine, devient progressivement un mus\u00e9e que visitent les touristes de l\u2019ensemble du monde, elle n\u2019est plus le foyer qui s\u2019imposerait de la civilisation universelle, alors que ce monde est entr\u00e9 dans le temps de sa globalit\u00e9, et que d\u2019autres nations deviennent aussi les acteurs qualifi\u00e9s de la civilisation mondiale.<\/p>\n<h3>B. La civilisation europ\u00e9enne pr\u00e9sente aujourd\u2019hui les sympt\u00f4mes de sa mort\u2026<\/h3>\n<p>Il n\u2019est certes pas ais\u00e9 pour les Europ\u00e9ens d\u2019admettre l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019ils sont parvenus sans doute au terme de leur gloire et de leur supr\u00e9matie, \u00e0 la fin de leur existence comme r\u00e9f\u00e9rence premi\u00e8re pour le monde et son histoire. Certes les conditions dans lesquelles s\u2019est achev\u00e9e la seconde guerre mondiale en Europe (pour ne pas parler de l\u2019Asie) les ont d\u00e9j\u00e0 contraints \u00e0 conna\u00eetre l\u2019humiliation d\u2019\u00eatre occup\u00e9s sur l\u2019ensemble de leur continent par les forces \u00e9trang\u00e8res, principalement nord-am\u00e9ricaines, qui les avaient lib\u00e9r\u00e9s de leur asservissement et relev\u00e9es de leur d\u00e9ch\u00e9ance. La pr\u00e9sence militaire de ces forces n\u2019est certes plus aussi n\u00e9cessaire aujourd\u2019hui (quoique toujours l\u00e0), mais la colonisation du continent sous toutes les autres formes possibles \u2013 de la langue, de la culture, des comportements, de l\u2019\u00e9conomie et de la finance, de la vie politique, de la litt\u00e9rature, des arts, de la religion \u2013 donne aux Europ\u00e9ens le sentiment commun\u00e9ment partag\u00e9 d\u2019un malaise g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;: celui de l\u2019effacement des rep\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9 moderne&nbsp;con\u00e7ue \u2018\u00e0 l\u2019europ\u00e9enne\u2019. L\u2019Europe peine \u00e0 sauvegarder l\u2019identit\u00e9 qu\u2019elle a cherch\u00e9 et voulu se donner au sortir de la guerre mondiale pour compenser le d\u00e9clin de ses nations&nbsp;: mais ses querelles int\u00e9rieures sont les premi\u00e8res \u00e0 affaiblir sa place et son influence dans le monde global contemporain ! Son d\u00e9clin est sans doute d\u00e9finitif : l\u2019avancement des sciences, les inventions techniques, la croissance \u00e9conomique par d\u00e9veloppement de la production, du commerce et de la consommation, les progr\u00e8s dans tous les domaines de la sant\u00e9 et de l\u2019\u00e9ducation ainsi que des services sociaux auxquels elle peut se flatter d\u2019\u00eatre encore parvenue pendant la seconde partie du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle y est aujourd\u2019hui certainement compromis, ne serait-ce que par la d\u00e9liquescence des m\u0153urs, l\u2019importance du jeu, l\u2019inqui\u00e9tude et la peur qui se sont empar\u00e9es des opinons publiques dans tous les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>La crise est en effet profonde&nbsp;: si l\u2019Europe occidentale est parvenue \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 qu\u2019on lui conna\u00eet encore, il ne semble plus possible objectivement qu\u2019elle en conserve le niveau dans le contexte de la concurrence mondiale \u00e0 laquelle elle doit faire face dor\u00e9navant. La derni\u00e8re campagne \u00e9lectorale en France a permis l\u2019expression publique des craintes que cette concurrence fait na\u00eetre&nbsp;: l\u2019impossibilit\u00e9 de maintenir l\u2019emploi dans les entreprises dont le co\u00fbt est d\u00e9sormais trop \u00e9lev\u00e9 en comparaison de celui des concurrents en Chine, en Inde, au Br\u00e9sil, en Russie et en Afrique d\u00e9j\u00e0\u2026 Les employ\u00e9s ne pouvant accepter facilement la diminution drastique de leurs salaires, les entreprises sont et seront d\u00e9localis\u00e9es et le ch\u00f4mage s\u2019accro\u00eetra inexorablement. Les pouvoirs publics seront confront\u00e9s aux revendications des uns et des autres sans pouvoir leur apporter les satisfactions qu\u2019ils attendront. Des d\u00e9bats difficiles s\u2019ouvrent&nbsp;: sur l\u2019emploi et le travail, la consommation, les avantages sociaux (qui ne pourront plus \u00eatre assur\u00e9s comme ils le sont actuellement), la concurrence entre travailleurs immigr\u00e9s et \u2018nationaux\u2019, la r\u00e9glementation de l\u2019immigration, le protectionnisme \u00e9conomique et social\u2026 mais aussi culturel\u2026<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les Universit\u00e9s semblent, malheureusement, avoir perdu le sens de leur mission&nbsp;: chercher, comprendre et dire le sens possible des choses. Si quelque club \u2018Futurible\u2019 s\u2019int\u00e9resse aux perspectives d\u2019avenir de la soci\u00e9t\u00e9 internationale, peu nombreux sont ceux qui le fr\u00e9quentent. Que ce soit en France ou en Angleterre, beaucoup d\u2019universitaires avouent \u00eatre d\u00e9sorient\u00e9s par l\u2019\u00e9volution en cours, ne pas parvenir \u00e0 en identifier les causes, se contenter de dispenser des savoirs et des dipl\u00f4mes en technicit\u00e9s diverses (sp\u00e9cialement en informatique, communication et finance), \u00eatre d\u00e9pourvus d\u2019initiative en recherche tant soit peu fondamentale. Tout semble se passer comme si la \u2018foi\u2019 \u2013 au sens le plus g\u00e9n\u00e9ral, avec ce qu\u2019elle suppose de confiance en soi, en l\u2019autre et en \u2018Dieu\u2019 \u2013 commen\u00e7ait \u00e0 manquer, se perdait ou n\u2019\u00e9tait entretenue que pour parer artificiellement au risque de s\u2019affronter aux questions radicales de la fin d\u2019un monde&nbsp;: ne ferait-on pas seulement semblant d\u2019y croire encore&nbsp;? L\u2019Occident en serait-il r\u00e9duit \u00e0 la m\u00e9thode Cou\u00e9&nbsp;?<\/p>\n<h3>C. Un h\u00e9ritage \u00e0 exploiter, pour le meilleur et pour le pire, sous b\u00e9n\u00e9fice d\u2019inventaire\u2026<\/h3>\n<p>La civilisation europ\u00e9enne existe encore, serait-ce sous forme de survivance, et, comme celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, de Gr\u00e8ce, de Rome ou de Chr\u00e9tient\u00e9, elle laissera aussi, dans le patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9, des traces sans doute durables. Elle constitue un h\u00e9ritage, un assez bel h\u00e9ritage assur\u00e9ment, \u00e0 g\u00e9rer encore par ses actuels d\u00e9tenteurs qui peuvent toujours y puiser les \u00e9nergies de leur survie \u2013 et quelle existence n\u2019est pas capable encore de quelques beaux jours dans ses derniers jours&nbsp;? \u2013 mais aussi \u00e0 exploiter et faire valoir par ceux qui voudraient s\u2019en porter h\u00e9ritiers. Rome savait ce qu\u2019elle devait \u00e0 la Gr\u00e8ce, l\u2019Europe sait encore ce qu\u2019elle doit \u00e0 la Gr\u00e8ce et \u00e0 Rome et \u00e0 la Chr\u00e9tient\u00e9 lors de sa propre Renaissance. Si les&nbsp; civilisations elles-m\u00eames sont mortelles, leur creuset de foi et de culture est encore l\u00e0, disponible pour d\u2019autres et pour des red\u00e9couvertes toujours possibles\u2026<\/p>\n<p>Le meilleur&nbsp;? Cela aura \u00e9t\u00e9 et demeure l\u2019invention intellectuelle qu\u2019apr\u00e8s Socrate, Platon et Aristote en Gr\u00e8ce, Cic\u00e9ron S\u00e9n\u00e8que et Marc-Aur\u00e8le \u00e0 Rome, les Europ\u00e9ens ont faite de la libert\u00e9, apr\u00e8s Dun Scot (1266-1308), \u00e0 partir du <em>Quatrocento <\/em>italien, en contrepoint de tous les arguments d\u2019autorit\u00e9 qu\u2019ils connaissaient jusqu\u2019alors depuis l\u2019empire romain-germanique de Charlemagne. C\u2019est le travail fait par l\u2019\u00e9cole du droit naturel et des gens avec Grotius et Pufendorf, Hobbes et Locke, Descartes et Spinoza. Ce seront apr\u00e8s eux les travaux \u00e0 pr\u00e9tention scientifique des Lumi\u00e8res et des encyclop\u00e9distes, de Saint-Simon et d\u2019Auguste Comte. Ce seront un peu plus tard les r\u00e9flexions des anarchistes Godwin, Stirner, Proudhon, Bakounine, Malatesta. En m\u00eame temps que cette recherche s\u2019applique \u00e0 d\u00e9construire tout ce \u00e0 quoi elle s\u2019attarde, elle s\u2019applique \u00e0 reconstruire syst\u00e9matiquement mais autrement tout ce \u00e0 quoi elle s\u2019est attard\u00e9e. Kant et Hegel, Marx et Nietzsche, Heidegger et Sartre, mais aussi Montesquieu et Rousseau, Tocqueville et Max Weber, Freud et Merleau-Ponty, uns et autres se sont investis aux prises avec les champs de la philosophie, de la sociopolitique, de la psychologie, de l\u2019histoire\u2026 Tous, \u00e0 la fois provoquent et stimulent le d\u00e9sordre et la remise en ordre des soci\u00e9t\u00e9s, en Europe mais aussi ailleurs dans le vaste monde. Oui, les Universit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 puissamment \u00e0 l\u2019\u0153uvre tout au long de la civilisation occidentale. La foi en l\u2019aventure de la recherche a engendr\u00e9 une culture et, plus loin, une civilisation certes pour le meilleur&nbsp;: l\u2019autonomie de la personne humaine, individuelle et sociale&nbsp;; la la\u00efcit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;; la s\u00e9cularisation du monde et sa sortie progressive de la \u2018religion\u2019\u2026<\/p>\n<p>Mais pour le pire aussi&#8230; D\u00e8s 1949, Georges Orwell publiait son roman de fiction-anticipation, <em>1984<\/em>, dissuadant ses lecteurs de voir dans l\u2019Occident le meilleur des mondes possibles, alors qu\u2019il irait au contraire vers une soci\u00e9t\u00e9 de surveillance et de restriction des libert\u00e9s, vers un Etat totalitaire et policier. La math\u00e9matisation et la num\u00e9risation de tous les ingr\u00e9dients qui font la soci\u00e9t\u00e9 \u2013 choses et vivants \u2013, leur tra\u00e7abilit\u00e9, le progr\u00e8s des automatismes et des robots, l\u2019\u00e9valuation de toutes choses selon la statistique et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 leur connaissance virtuelle par simple acc\u00e8s informatique, la r\u00e9glementation \u2018technique\u2019 de tous les comportements qui font la vie ext\u00e9rieure de l\u2019individu et de la soci\u00e9t\u00e9 et leur gestion en \u2018risque z\u00e9ro\u2019, la r\u00e9duction des personnes \u00e0 leur anonymat au sein de l\u2019opinion publique, substituent progressivement des r\u00e9flexes conditionn\u00e9s de seule vie ext\u00e9rieure \u00e0 la r\u00e9flexion dont les personnes sont normalement les sujets libres et capables par vie int\u00e9rieure. Reste \u00e0 la machinerie sociale le soin d\u2019assurer que soit encore \u2018consomm\u00e9\u2019 ce qu\u2019elle peut encore produire en tous genres\u2026<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas s\u00fbr que la \u2018sortie de la religion\u2019 analys\u00e9e par Marcel Gauchet n\u2019ait pas abouti \u00e0 faire aussi le vide des attentes, du d\u00e9sir et de l\u2019espoir que, pour le meilleur, la civilisation occidentale avait su encourager sinon susciter avec ses Universit\u00e9s. C\u2019est \u00e0 la Sorbonne qu\u2019a \u00e9clat\u00e9 la r\u00e9volution culturelle qui, en 1968, devait \u00e9branler tout l\u2019\u00e9difice que cette civilisation \u00e9tait encore mais ne parvient plus \u00e0 \u00eatre vraiment, \u2026<em>&lsquo;en proie au corps absent et bouche b\u00e9e devant l\u2019autre monde&rsquo;<\/em>(Claude Lefort).<\/p>\n<h2>2<sup>\u00e8me<\/sup> partie&nbsp;: Le moment venu de civilisations nouvelles, en Afrique, et d\u2019Universit\u00e9s<\/h2>\n<p>Permettez-moi d\u2019\u00e9voquer mon premier contact avec l\u2019Afrique&nbsp;: c\u2019\u00e9tait en avril 1960, \u00e0 Dakar, \u00e0 l\u2019occasion du lancement de l\u2019Universit\u00e9 dont le recteur \u00e9tait alors Lucien Paye, fran\u00e7ais. La F\u00e9d\u00e9ration du Mali y faisait les pas qui ne suffiraient pas \u00e0 la maintenir alors plus de six mois. Notre groupe d\u2019\u00e9tudiants parisiens y \u00e9tait re\u00e7u par le pr\u00e9sident de son assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale, L\u00e9opold Cedar Senghor. Et nous sommes ici dans une Universit\u00e9 o\u00f9 le Fran\u00e7ais que je suis a pris une certaine part \u00e0 sa cr\u00e9ation. Mais nous sommes ici pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa mission culturelle d\u2019Universit\u00e9 pour le d\u00e9veloppement int\u00e9gral de la soci\u00e9t\u00e9 en Afrique aujourd\u2019hui, au-del\u00e0 des origines de sa cr\u00e9ation&nbsp;et de sa part d\u2019h\u00e9ritage de la civilisation occidentale, europ\u00e9enne et fran\u00e7aise. Pour quel d\u00e9veloppement&nbsp;? Pour quelle culture&nbsp;?<\/p>\n<h3>A. Quel d\u00e9veloppement&nbsp;? Une analyse africaine qui devient de plus en plus commune\u2026<\/h3>\n<p>Il y a un mois, le CESAG de Dakar organisait une conf\u00e9rence sur<em> L&rsquo;Afrique, enjeux et perspectives g\u00e9opolitiques. <\/em>Adama Gaye<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> y disait&nbsp;que l\u2019obstacle majeur au d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique est le probl\u00e8me du \u201cleadership\u201d&nbsp;: \u2018<em>Le plus grand d\u00e9fi du continent c\u2019est la question du leadership africain<\/em><em>\u2026 <\/em><em>l\u2019un des principaux maux qui gangr\u00e8nent le d\u00e9veloppement du continent.\u2019 <\/em>Rassurant ses \u00e9tudiants que le continent est bien sur la rampe du d\u00e9veloppement, il leur signifiait aussi qu\u2019il reste handicap\u00e9 par la qualit\u00e9 de ses leaders, surtout politiques ajoutait-il, dont la plupart <em>\u2018sont corrompus et ne sont pas \u00e0 la hauteur des d\u00e9fis actuels\u2019<\/em>. Le d\u00e9veloppement du continent n\u2019est pas impossible&nbsp;: on y enregistre des taux de croissance remarquables&nbsp;: \u2018<em>Ces 10 derni\u00e8res ann\u00e9es, six pays africains font partie des meilleurs taux de croissance\u2019<\/em>, et son d\u00e9collage est attendu pour ce si\u00e8cle, identique \u00e0 ceux de la Chine il y a 30 ans, de l\u2019Inde il y a 20 ans. Gaye ajoute&nbsp;: \u2018<em>ce qui va sauver l\u2019Afrique, ce n\u2019est pas l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement&nbsp;! Mais parce que le continent est devenu un march\u00e9, et que les technologies y sont consid\u00e9rablement utilis\u00e9es<\/em><em>, ce sera l\u2019Investissement direct \u00e9tranger (IDE) qui sera le levier du d\u00e9veloppement&nbsp;: l\u2019Afrique est un lieu recherch\u00e9 pour ce type d\u2019investissement, le profit en est certain\u2019<\/em>. Autres atouts du continent, selon M. Gaye&nbsp;: la baisse de l\u2019inflation, le recul de la dette, le d\u00e9veloppement du Produit int\u00e9rieur brut (Pib), le d\u00e9veloppement de la coop\u00e9ration Sud-Sud, la ru\u00e9e des puissances comme l\u2019Inde, la Chine et le Br\u00e9sil vers ce continent. Et aussi les victoires d\u00e9mocratiques enregistr\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le potentiel en ressources naturelles (dont 10% de r\u00e9serves mondiales en p\u00e9trole), la participation de l\u2019Afrique aux grands rendez-vous du G20 et du G8, la vitalit\u00e9 de sa jeunesse\u2026 Mais, sans oublier certes le d\u00e9ficit en mati\u00e8re d\u2019alimentation et bien d\u2019autres carences, c\u2019est principalement la d\u00e9fectuosit\u00e9 du leadership africain qui constituerait l\u2019obstacle majeur pour relever les d\u00e9fis du continent. Gaye invite les Africains \u00e0 miser sur des leviers comme la formation, la technologie, la productivit\u00e9, l\u2019utilisation rationnelle des ressources, la lutte contre la fuite des cerveaux. Et de pr\u00e9ciser encore : <em>\u2018Le d\u00e9veloppement n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne imm\u00e9diat. Sa r\u00e9alisation peut n\u00e9cessiter des ann\u00e9es mais les pays africains ont la possibilit\u00e9 de le r\u00e9aliser en adoptant les bonnes pratiques\u2019<\/em>. En bref, il faut sortir de l\u2019afro-pessimisme, aller vers l\u2019afro-optimisme et acc\u00e9der \u00e0 l\u2019afro-r\u00e9alisme. Relevons, pour ce qui concerne l\u2019Universit\u00e9, les recommandations de former les \u00e9tudiants&nbsp;: 1\/ aux diverses techniques, 2\/ au leadership (i.e. en fran\u00e7ais, selon le dictionnaire&nbsp;: au commandement, \u00e0 la direction, \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie,), 3\/ aux bonnes pratiques (en discernant ce qui est bon et ce qui l\u2019est moins, en appr\u00e9ciant ce qui vaut ou pas).<\/p>\n<h3>B. Quelles formations&nbsp;? A quelles valeurs&nbsp;? A quelle culture&nbsp;?<\/h3>\n<p>Adama Gaye se faisait \u00e0 Dakar l\u2019\u00e9cho des pr\u00e9occupations de tous les experts en d\u00e9veloppement, surtout essentiellement de type \u00e9conomique dont on sait l\u2019importance, mais au meilleur sens du mot c\u2019est-\u00e0-dire en allant jusqu\u2019\u00e0 inclure, au-del\u00e0 des techniques \u00e0 s\u2019approprier par des savoirs particuliers donnant acc\u00e8s \u00e0 des m\u00e9tiers professionnels, l\u2019apprentissage des <em>bonnes pratiques<\/em>, y compris politiques. Ce l\u00e9gitime souci de former l\u2019Homme \u00e0 la responsabilit\u00e9 \u00e9thique de ses propres comportements est \u00e9videmment une pr\u00e9occupation majeure pour une Universit\u00e9 qui ne peut se contenter d\u2019\u00eatre un simple temple du savoir comme elle est trop souvent pr\u00e9sent\u00e9e, au risque d\u2019\u00eatre confondue avec ce qu\u2019on appelle les \u2018Grandes \u00e9coles\u2019 \u00e0 finalit\u00e9 professionnelle. Les fins premi\u00e8res de \u2018l\u2019Universit\u00e9\u2019 ne sont pas d\u2019abord l\u2019acquisition de simples connaissances scientifiques et technologiques, mais la formation de l\u2019esprit humain \u00e0 des mani\u00e8res de penser et de juger, ainsi qu\u2019\u00e0 des valeurs et \u00e0 leur intelligence.<\/p>\n<p>Est-il permis de penser que l\u2019UCAC (Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale) en est d\u00e9j\u00e0 bien arriv\u00e9e \u00e0 ce stade de pouvoir satisfaire les attentes que la soci\u00e9t\u00e9 aurait ou pourrait avoir \u00e0 ce sujet en Afrique centrale&nbsp;? Certes les r\u00e9sultats objectifs de ses \u00e9tudiants obtenant des dipl\u00f4mes divers et des emplois qualifi\u00e9s dans la vie professionnelle sont l\u00e0, fort encourageants, donnant \u00e0 penser que les formations techniques sont tr\u00e8s correctement assur\u00e9es dans toutes les disciplines offertes&nbsp;: des sciences infirmi\u00e8res aux ing\u00e9nieries industrielles&nbsp;; des techniques comptables et financi\u00e8res aux divers arts du management&nbsp;; des bonnes proc\u00e9dures intellectuelles en sciences sociales et philosophiques aux bonnes fa\u00e7ons de pr\u00e9senter la doctrine chr\u00e9tienne et, plus sp\u00e9cialement, catholique. N\u00e9anmoins il conviendrait d\u2019\u00e9valuer \u00e0 un autre plan, plus moral que technique, les performances d\u2019une Universit\u00e9 qui vise d\u2019abord au d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique par les Africains, sur place, et avec le d\u00e9sir d\u2019une implantation v\u00e9ritable de la dynamique que suppose celui-ci&nbsp;: la foi en soi, la prise d\u2019initiative comme acteurs, la volont\u00e9 de servir la soci\u00e9t\u00e9 dans des conditions parfois difficiles, l\u2019int\u00e9grit\u00e9 dans les comportements des \u00e9tudiants, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 et plus tard dans la vie professionnelle\u2026 Absent depuis dix ans du berceau natif de l\u2019UCAC, je ne suis pas en mesure d\u2019en juger, mais nous savons les grandes difficult\u00e9s de r\u00e9sister aux s\u00e9ductions et aux contraintes sociales, depuis celles du \u2018cercle familial\u2019 jusqu\u2019\u00e0 celles des client\u00e8les politiciennes\u2026<\/p>\n<p>Marcel Zadi Kessy, devenu, apr\u00e8s d\u2019importantes responsabilit\u00e9s de chef d\u2019entreprise, pr\u00e9sident du Conseil \u00e9conomique et social de C\u00f4te d\u2019Ivoire, aborde ces diff\u00e9rents probl\u00e8mes dans son ouvrage en forme d\u2019interview&nbsp;: <em>Renaissances Africaines<\/em> (avec Jean-Luc Mouton, aux \u00e9ditions <em>Des \u00eelots de R\u00e9sistance, <\/em>21 octobre 2010). Il y invite les Africains \u00e0 \u2018r\u00e9inventer leur futur\u2019, \u00e0 leur mani\u00e8re, sans souci de copier les autres (par exemple \u2018occidentaux\u2019) et leurs comportements. Il entend les amener \u00e0 r\u00e9inventer leur futur en proc\u00e9dant \u00e0 une v\u00e9ritable r\u00e9volution psychologique et culturelle, et en propose une mise en \u0153uvre par un <em>\u2018d\u00e9veloppement de proximit\u00e9\u2019<\/em> prenant en compte les aspirations profondes du peuple. Pour Zadi Kessy, l&rsquo;Africain a besoin d&rsquo;apprendre des autres, et de se lib\u00e9rer des liens d\u2019un complexe d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 pour tendre vers l&rsquo;autre dont il doit tirer ce qui fait sa force et sa r\u00e9ussite. A toutes les pages de son ouvrage il r\u00e9it\u00e8re son invitation \u00e0 la formation et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation&nbsp;: <em>\u2018Une r\u00e9volution \u00e9conomique, politique, d\u00e9mocratique, morale et spirituelle est possible, comme elle est n\u00e9cessaire, l&rsquo;avenir de l&rsquo;Afrique se trouvant dans la culture de l&rsquo;universel.\u2019 <\/em>Tout en ajoutant avec vigueur&nbsp;: <strong><em>\u00ab&nbsp;Surtout, ne pas nous laisser corrompre&nbsp;! La rencontre des autres peuples et l\u2019appropriation de leurs nouvelles techniques et modes de vie sera d\u2019autant plus facile que nous serons assur\u00e9s dans notre propre culture et fiers de ses valeurs&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong> (page 202). Je dois avouer ici ma perplexit\u00e9&nbsp;: est-il possible pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019\u00e9viter la \u2018question culturelle\u2019 si souvent au centre de nos d\u00e9bats&nbsp;? Comment \u00e9viter l\u2019affrontement et le travail d\u2019adaptation entre cultures particuli\u00e8res et culture de l\u2019universel&nbsp;? Comment prendre les d\u00e9cisions n\u00e9cessaires pour trier l\u2019ancien et s\u2019approprier le moderne en vue de faire fructifier le meilleur de l\u2019un et de l\u2019autre&nbsp; dans une Tradition culturelle vivante, toujours renouvel\u00e9e de quelque mani\u00e8re ? Or tr\u00e8s nombreuses sont en effet les adaptations \u00e0 faire, au plan culturel, entre anciennes traditions et modernes innovations&nbsp;pour consolider le dynamisme d\u2019une Tradition vivante qui, pour reprendre l\u2019expression de Zadi Kessy, a foi en soi et invente le futur&nbsp;! En voici trois, par exemple, sans doute primordiales.<\/p>\n<p>Au premier chef c\u2019est <strong><u>le probl\u00e8me de la Personne<\/u><\/strong> et de son identit\u00e9 qui demande d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 et r\u00e9fl\u00e9chi avec obstination&nbsp;: est-elle un simple \u00e9l\u00e9ment du groupe communautaire auquel elle est en quelque sorte assujettie, sans autonomie particuli\u00e8re&nbsp;?&#8230; peut-elle \u00eatre reconnue dans son originalit\u00e9 et son ind\u00e9pendance singuli\u00e8re&nbsp;?&#8230; C\u2019est pour Jean-Paul Ngoupand\u00e9 la question principale qu\u2019il expose dans <em>Racines historiques et culturelles de la crise africaine.<\/em> <em>\u2018Il y a deux mani\u00e8res de concevoir l\u2019homme. La premi\u00e8re consiste \u00e0 poser l&rsquo;individu humain comme <strong>personne, <\/strong>c&rsquo;est\u2011\u00e0\u2011dire en tant que valeur absolue, irr\u00e9ductible \u00e0 une chose, encore moins \u00e0 une marchandise&#8230; Au\u2011del\u00e0 de l&rsquo;apparence physique de l&rsquo;individu, il y a la <strong>personne, <\/strong>qui est inviolable. L&rsquo;humanisme, cette conception qui \u00e9l\u00e8ve l&rsquo;homme au rang de valeur absolue, a \u00e9t\u00e9 une conqu\u00eate difficile et longue de l&rsquo;humanit\u00e9\u2026 L&rsquo;autre fa\u00e7on de concevoir l&rsquo;homme consiste \u00e0 le r\u00e9duire au rang de simple subdivision ou composante num\u00e9rique du groupe social ; c&rsquo;est le clan, l&rsquo;ethnie, le royaume qui priment. L&rsquo;individu n&rsquo;a pas de valeur propre. Il ne vaut que par son appartenance au groupe social. Il peut donc \u00eatre sacrifi\u00e9 pour l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du groupe social, ou de celui qui pr\u00e9tend l&rsquo;incarner.\u2019 <\/em>La question est loin d\u2019\u00eatre d\u00e9j\u00e0 entendue en Afrique, comme les controverses entre individualistes et communautaristes, au colloque organis\u00e9 en 2006 \u00e0 Abidjan sur la d\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme, ont permis de s\u2019en rendre compte.<\/p>\n<p>Au second chef c\u2019est <strong><u>le probl\u00e8me de la Responsabilit\u00e9 sociale de toute personne<\/u><\/strong>, individuelle ou soci\u00e9taire (par exemple une entreprise). Toute personne vit dans un tissu social dont elle fait partie et dont elle \u2018r\u00e9pond\u2019 pour sa part. Il y a lieu de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que nous entendons chacun par ce mot&nbsp;: r\u00e9pondre, c\u2019est faire conna\u00eetre son sentiment, par la pens\u00e9e, par la parole, par des actes, et donc faire conna\u00eetre jusqu\u2019\u00e0 quel point chacun s\u2019avoue et s\u2019\u00e9prouve solidaire de son environnement&nbsp;: celui de sa famille, de son village, de son entreprise, de son ethnie\u2026 La solidarit\u00e9 n\u2019est pas l\u2019alibi trop facile qui permettrait de pouvoir toujours compter sur l\u2019autre, sur son assistance, sur son aide, la premi\u00e8re forme de solidarit\u00e9 \u00e9tant bien s\u00fbr avec soi-m\u00eame&nbsp;: aide-toi et le ciel t\u2019aidera&nbsp;! Ici encore, la soci\u00e9t\u00e9 africaine a&nbsp; certainement besoin de r\u00e9fl\u00e9chir \u2013 comme toutes les autres soci\u00e9t\u00e9s \u2013 \u00e0 ce en quoi consiste la solidarit\u00e9 et les Universit\u00e9s devraient en \u00eatre les lieux les plus appropri\u00e9s car il s\u2019agit de questions \u00e0 d\u00e9battre&nbsp;! C\u2019est vrai de la solidarit\u00e9 au sein de nos familles naturelles, c\u2019est vrai pour les entreprises qui ont des responsabilit\u00e9s avec toutes les parties prenantes de leur entourage.<\/p>\n<p>C\u2019est au troisi\u00e8me chef <strong><u>le probl\u00e8me de Vivre ensemble malgr\u00e9 tout au sein de la grande soci\u00e9t\u00e9<\/u><\/strong>. Au-del\u00e0 des microsoci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 il est encore relativement ais\u00e9 d\u2019\u00e9voluer de mani\u00e8re simple entre partenaires ayant entre eux bien des traits communs imm\u00e9diatement rep\u00e9rables (lignage, langue, usages et coutumes\u2026), il est plus difficile de vivre en macro-soci\u00e9t\u00e9 nationale les mille et une alt\u00e9rit\u00e9s qui nous divisent, nous font adversaires les uns des autres, et vivre habituellement et de mani\u00e8re ordinaire en conflits quasi-permanents. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 se prolonge normalement en altercation&nbsp;! La question politique de vivre ensemble comme partenaires-adversaires tout \u00e0 la fois au sein d\u2019une m\u00eame nation, en citoyens de la m\u00eame cit\u00e9, est une question toujours plus urgente en Afrique comme ailleurs \u2013 et l\u2019Europe n\u2019en a pas n\u00e9cessairement d\u00e9j\u00e0 fini non plus&nbsp;!<\/p>\n<h2>3<sup>\u00e8me<\/sup> partie&nbsp;: La mission sp\u00e9cifiquement &lsquo;catholique&rsquo; de l\u2019Universit\u00e9<\/h2>\n<h3>A. Que peut-on, doit-on entendre par la proposition \u2018catholique\u2019 d\u2019une Universit\u00e9&nbsp;?<\/h3>\n<p>Peut-\u00eatre, par une sorte de r\u00e9flexe non r\u00e9fl\u00e9chi, comprenons-nous imm\u00e9diatement le mot catholique comme une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019organisation sp\u00e9cifique bien connue de la constellation chr\u00e9tienne&nbsp;: l\u2019Eglise catholique, romaine et apostolique. Ce n\u2019est certes pas faux, s\u2019agissant de votre Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale, bien r\u00e9pertori\u00e9e au sein de la F\u00e9d\u00e9ration internationale des universit\u00e9s catholiques, en relation organique avec le Saint-Si\u00e8ge et ses administrations. Mais ce serait oublier que le sens de ce mot ne se limite pas \u00e0 l\u2019espace-temps de cette Eglise qui, si elle se d\u00e9finit d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 comme telle, vise un espace-temps autrement important que celui auquel elle est actuellement assimil\u00e9e et qui lui est de plus en plus contest\u00e9 \u2013 je fais allusion bien s\u00fbr \u00e0 la crise que conna\u00eet cette Eglise aujourd\u2019hui \u2013 plus sp\u00e9cialement en Europe, et dont il nous faudra dire quelques mots un peu plus loin. Sauf \u00e0 confondre le fond et la forme, il n\u2019est ni juste ni possible de d\u00e9finir imm\u00e9diatement le caract\u00e8re catholique, au sens d\u2019universalit\u00e9, par le rattachement formel \u00e0 une organisation porteuse de ce nom.<\/p>\n<p>Penser l\u2019universalit\u00e9 (ou la \u2018catholicit\u00e9\u2019) est la t\u00e2che primordiale, la mission fondamentale de toute Universit\u00e9 dont les objectifs sont, rappelons-les, la recherche de la&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; v\u00e9rit\u00e9 par les moyens privil\u00e9gi\u00e9s de la <em>disputatio<\/em>, de la confrontation des jugements (<em>putatio<\/em>) des uns et des autres, de l\u2019affrontement de leurs th\u00e8ses, donc de la contradiction (dire quelque chose contre une autre), du d\u00e9bat, du dialogue qui, loin d\u2019\u00eatre toujours paisible, peut rev\u00eatir bien s\u00fbr une certaine \u00e2pret\u00e9 (comme entre J\u00e9sus et nombre de ses interlocuteurs). Est-on facilement dispos\u00e9 \u00e0 entrer dans l\u2019ar\u00e8ne de ces \u00e9changes virant normalement \u00e0 des discussions, des disputes&nbsp;? Les mots font peur, effarouchent. Mais n\u2019est-ce pas oublier leur sens : ils rel\u00e8vent, certes, du contexte de l\u2019altercation et du conflit entre adversaires, mais il s\u2019agit de moyens pour parvenir \u00e0 des fins&nbsp;: chercher et faire la v\u00e9rit\u00e9, et, par-l\u00e0, \u00e9tablir une soci\u00e9t\u00e9 de confiance \u2013 o\u00f9 les interlocuteurs sont invit\u00e9s \u00e0 se retrouver \u2018partenaires\u2019 en v\u00e9rit\u00e9. La situation des \u2018universitaires\u2019 est celle, \u00e9minente, de partenaires-adversaires en d\u00e9bat, pour \u00e9tablir une soci\u00e9t\u00e9 de confiance en v\u00e9rit\u00e9 !&nbsp;<\/p>\n<p>Et, plus particuli\u00e8rement en ce si\u00e8cle de mondialit\u00e9, de soci\u00e9t\u00e9 plan\u00e9taire, de globalit\u00e9, ce dont il s\u2019agit est de chercher et faire la v\u00e9rit\u00e9 universelle de <strong><em>l\u2019Homme<\/em><\/strong>, de son identit\u00e9 comme \u00eatre personnel, \u00e0 la fois individuel et social, responsable pour lui-m\u00eame et vis-\u00e0-vis des autres de ce qu\u2019il peut penser, dire et faire. Cet Homme, il est \u00e0 la fois mondial et local, fondamentalement m\u00eame et diff\u00e9rent \u00e0 la fois, \u00e0 travers toutes les nations, leurs cultures, leurs religions, chacune l\u00e9gitime et respectable a priori, toutes convi\u00e9es \u00e0 une convivialit\u00e9 cependant difficile \u00e0 \u00e9tablir en v\u00e9rit\u00e9&nbsp;! On sait la th\u00e8se de Samuel Huntington, am\u00e9ricain et ancien membre du Conseil national de s\u00e9curit\u00e9, dans son ouvrage <em>Le Choc des Civilisations<\/em>, pour qui le centre de gravit\u00e9 des relations internationales est dans l\u2019interaction entre la civilisation occidentale et toutes les autres \u2013 dont sept, plus importantes&nbsp;: confucianiste (chinoise), japonaise, hindouiste, islamique, slovaquo-orthodoxe, latino-am\u00e9ricaine et africaine&nbsp;: elles constituent comme des plaques tectoniques de l\u2019actuel espace culturel et civilisationnel mondial, avec des lignes d\u2019affrontement, \u00e0 l\u2019instar de celles qui, pour la cro\u00fbte terrestre, sont \u00e0 l\u2019origine de tremblements de terre et d\u2019autres s\u00e9ismes. La soci\u00e9t\u00e9 internationale conna\u00eet aujourd\u2019hui une p\u00e9riode certes convulsive. Mais ce n\u2019est sans doute ni la premi\u00e8re ni la derni\u00e8re de son histoire, et il est certainement important de comprendre qu\u2019il s\u2019agit pourtant l\u00e0 d\u2019une v\u00e9ritable <strong><em>\u00ab&nbsp;Histoire&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong> que l\u2019esp\u00e8ce humaine accomplit ainsi. L\u2019humanit\u00e9 fait une histoire, son histoire, apparemment \u00e0 t\u00e2tons, \u00e0 travers diverses phases successives ; il est certes difficile d\u2019en d\u00e9chiffrer le sens, mais il para\u00eet hasardeux de nier qu\u2019elle en ait un. Un simple regard sur le pass\u00e9 suffit \u00e0 percevoir que dans tous les domaines \u2013 scientifique, technologique, \u00e9conomique, social, politique, culturel, religieux\u2026 \u2013 l\u2019esp\u00e8ce humaine est au moins en <strong><em>\u00ab&nbsp;Evolution&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>. Le mot et le concept en sont relativement r\u00e9cents&nbsp;: on les doit essentiellement au naturaliste anglais Charles Darwin dans l\u2019ordre de l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces vivantes. Apr\u00e8s lui, le mot et le concept sont entr\u00e9s dans l\u2019ensemble des sciences de l\u2019homme et de la soci\u00e9t\u00e9, sous des appellations diff\u00e9rentes (par exemple \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;progr\u00e8s&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;promotion&nbsp;\u00bb etc.). Si d\u00e9sempar\u00e9 que puisse \u00eatre l\u2019Homme aujourd\u2019hui devant le cours que semble prendre l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 internationale, avec tous les germes de conflits et de violence qu\u2019elle porte en elle, il est probablement plus sage de <strong><em>questionner l\u2019\u00e9nigme que propose cette \u00e9volution<\/em><\/strong> que de pr\u00e9tendre en r\u00e9soudre assez rapidement \u2013 trop rapidement \u2013 les donn\u00e9es apparentes\u2026 L\u2019\u00e9volution comporte du sens, \u00e0 la crois\u00e9e de la libre initiative des hommes et de l\u2019inspiration \u2018divine\u2019 \u2013 dont Qoh\u00e9let nous dit&nbsp;: <em>\u2018J\u2019ai bien consid\u00e9r\u00e9 la t\u00e2che que Dieu impose aux humains pour les humilier. Toute \u0153uvre de lui vient bien en son temps, mais il a mis l\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans leur c\u0153ur&nbsp;; or l\u2019homme ne trouve pas le sens de l\u2019\u0153uvre divine depuis le d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin\u2019<\/em>&#8230; Pour tout homme en g\u00e9n\u00e9ral, la cr\u00e9ation toute enti\u00e8re est en attente de sa lib\u00e9ration, de son accomplissement, de son ach\u00e8vement, pour le chr\u00e9tien en particulier la figure du Christ en est le vecteur axial, \u00e0 la fois <em>alpha<\/em> et <em>om\u00e9ga<\/em>, au centre du <em>cosmos<\/em> et de l\u2019histoire, Fils de&nbsp;l\u2019Homme et Fils de Dieu. Les convulsions de la soci\u00e9t\u00e9 internationale ne sont sans doute pas sans receler quelque sens anthropo-th\u00e9ologique\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est dans l\u2019\u00e9tude attentive des relations inter-culturelles et inter-religieuses que l\u2019Universit\u00e9 a mission de chercher et parvenir \u00e0 dire progressivement, par approximations successives, en quoi se r\u00e9v\u00e8le l\u2019universalit\u00e9 qui fait, en profondeur, le lien esp\u00e9r\u00e9 et la communion possible entre les humains, et dit leur \u00e9gale dignit\u00e9 commune. Permettez-moi d\u2019\u00e9voquer \u00e0 ce sujet le r\u00eave que j\u2019ai fait \u2013 et que je continue de faire \u2013 en ayant particip\u00e9, dans la modeste Ile Maurice, \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Institut Cardinal Jean Margeot&nbsp;: cette petite \u00eele de l\u2019Oc\u00e9an indien n\u2019a-t-elle pas vocation \u00e0 \u00eatre comme le centre du monde avec ses populations, ses langues, ses cultures et ses religions de toutes sortes qui y cohabitent&nbsp;? N\u2019aurait-elle pas vocation \u00e0 devenir le si\u00e8ge de l\u2019Organisation des Nations Unies&nbsp;?<\/p>\n<p>Quelle sera la contribution de la civilisation africaine au monde&nbsp;? La civilisation romaine, avant de s\u2019effondrer dans le pain et les jeux (<em>panem et circenses<\/em>), a su transmettre au monde les activit\u00e9s qui firent autrement sa dignit\u00e9&nbsp;: la construction de routes de toutes sortes en Europe, en Afrique et sur les mers, et le droit avec lequel ils colonis\u00e8rent le continent qui en tira quelque profit apr\u00e8s eux. Et l\u2019Afrique sait elle aussi enrichir le monde de ce qui, d\u00e8s aujourd\u2019hui, fait l\u2019originalit\u00e9 de sa civilisation et ne manque pas d\u2019en marquer d\u2019autres, aux Am\u00e9riques, et d\u00e9j\u00e0 en Europe : la colonisation africaine a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9&nbsp;dans la musique et les arts<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, dans les quartiers et les entreprises, dans les affaires et dans la litt\u00e9rature, dans l\u2019expression intellectuelle et religieuse&#8230; L\u2019essentiel reste \u00e0 faire en Afrique m\u00eame bien s\u00fbr, et ce sera l\u2019\u0153uvre de tous ceux qui, de plus en plus, refusant d\u2019y \u00eatre assist\u00e9s comme ce fut le cas depuis la fin de l\u2019\u00e9poque coloniale, revendiquent la dignit\u00e9 de prendre eux-m\u00eames leurs destin\u00e9es dans leurs propres mains, et d\u2019apprendre \u00e0 d\u00e9cider par eux-m\u00eames de ce qu\u2019il convient de faire. Beaucoup reste \u00e0 faire, dit le Manifeste du Cinquantenaire adopt\u00e9 par un symposium \u00e0 Cotonou puis par l\u2019Union Africaine&nbsp;: <strong><em>L\u2019audace, unique d\u00e9fi pour une Afrique nouvelle. <\/em><\/strong>Les initiatives ne font pas d\u00e9faut, depuis la Fondation pour le Renforcement des Capacit\u00e9s en Afrique (ACBF, African Capacity Building Foundation, dont un&nbsp; ancien enseignant de l\u2019UCAC est un acteur dynamique) jusqu\u2019\u00e0 M\u00e9ro\u00eb-Africa, Universit\u00e9 populaire d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de tous et devant ouvrir tr\u00e8s prochainement \u00e0 Yaound\u00e9. &nbsp;Il s\u2019agit de relever le d\u00e9fi \u00e9nonc\u00e9 d\u00e9j\u00e0 en 1956 par le 1<sup>er<\/sup> Congr\u00e8s des Ecrivains et artistes noirs dans une Universit\u00e9, \u00e0 Paris\/Sorbonne, sur le th\u00e8me <strong><em>de l\u2019Ind\u00e9pendance et de la responsabilit\u00e9 de l\u2019Afrique dans la gestion du monde<\/em><\/strong>.<\/p>\n<h3>C. Catholicit\u00e9 et catholicisme&nbsp;: les indices d\u2019une crise dans l\u2019\u00e9glise institutionnelle<\/h3>\n<p>Un important probl\u00e8me reste \u00e0 poser au moins, sinon \u00e0 r\u00e9soudre&nbsp;d\u00e9j\u00e0 : la catholicit\u00e9 de l\u2019Eglise catholique est-elle authentiquement catholique&nbsp;? D\u00e9j\u00e0, \u00e0 la Sorbonne de Paris, en 1956, le 1<sup>er<\/sup> Congr\u00e8s des Ecrivains et Artistes noirs osait avancer&nbsp;: <em>&lsquo;La voix des nouvelles cultures devra se faire entendre dans les instances culturelles ou spirituelles d&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;\u00e9noncent les valeurs et se diffusent les r\u00e9flexions qui jouissent de la plus grande autorit\u00e9. Nous songeons par exemple \u00e0 la vie chr\u00e9tienne dans le monde. Nous ne sommes pas sans avoir remarqu\u00e9 que les P\u00e8res de l&rsquo;Eglise, les docteurs, les saints sont tous ins\u00e9r\u00e9s dans la seule culture occidentale. Les recommandations et d\u00e9cisions qui, de Rome, s&rsquo;\u00e9tendent sur le monde chr\u00e9tien se formulent sous l&rsquo;inspiration d&rsquo;exp\u00e9riences, de ressources d&rsquo;expression propres \u00e0 l&rsquo;Europe, et s&rsquo;expliquent plus volontiers sur un fond historique propre \u00e0 la culture occidentale.&rsquo; <\/em> Et l\u2019on sait qu\u2019ici m\u00eame, au Cameroun, quelques religieux se feront les avocats de l\u2019ouverture de l\u2019Eglise dite catholique \u00e0 une plus grande catholicit\u00e9 que celle \u00e0 laquelle ils avaient \u00e9t\u00e9 initi\u00e9s. C\u2019est l\u2019un des probl\u00e8mes sans doute les plus difficiles auxquels l\u2019Eglise catholique officielle a pr\u00e9sentement \u00e0 faire face : d\u00e9velopp\u00e9es dans les catacombes romaines, les communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes ont aussi donn\u00e9 naissance plus tard, \u00e0 la \u2018Chr\u00e9tient\u00e9\u2019, avec une Eglise institutionnelle li\u00e9e \u00e0 l\u2019organisation politique de l\u2019ensemble de l\u2019Europe. Au fur et \u00e0 mesure de l\u2019\u00e9volution, il lui fallut certes r\u00e9duire les ambitions qu\u2019elle aurait pu avoir de maintenir peut-\u00eatre sa pr\u00e9dominance&nbsp;: acceptant tant bien que mal le morcellement de son empire et la pr\u00e9sence de fr\u00e8res s\u00e9par\u00e9s, elle pouvait se consoler encore de l\u2019audience du christianisme (sp\u00e9cialement thomiste) et de la civilisation chr\u00e9tienne qui s\u2019en r\u00e9clamait&nbsp;\u2013 et c\u2019est dans cet esprit que se d\u00e9velopp\u00e8rent les missions hors d\u2019Europe, compensant en quelque sorte le recul de son influence en celle-ci. Ce recul s\u2019accentua avec le d\u00e9veloppement de diverses \u00e9coles de pens\u00e9e id\u00e9ologiques qui n\u2019entretinrent plus gu\u00e8re de relation avec lui et contribu\u00e8rent \u00e0 la s\u00e9cularisation de la civilisation dite occidentale&nbsp;; l\u2019Eglise catholique se restreint alors de plus en plus \u00e0 l\u2019organisation institu\u00e9e de ce nom, moins \u2018catholique\u2019 que jamais. C\u2019est \u00e0 un <em>aggiornamento<\/em> (ouverture des fen\u00eatres) que voulut proc\u00e9der son pape, Jean XXIII&nbsp;: nonce chez les Turcs musulmans, chez les Bulgares chr\u00e9tiens orthodoxes, et enfin chez les Fran\u00e7ais la\u00efcs, il eut, tout traditionnaliste qu\u2019il \u00e9tait, le sens des limites de cr\u00e9dibilit\u00e9 du dogme <em>\u2018hors de l\u2019Eglise, pas de salut\u2019<\/em>, S\u2019effor\u00e7ant de travailler pour une catholicit\u00e9 plus grande (au risque de conflit avec la plus petite), il convoqua d\u00e8s son \u00e9lection en 1958 une r\u00e9union extraordinaire de l\u2019Eglise&nbsp;: le concile Vatican II \u0153uvre sept ans \u00e0 r\u00e9viser l\u2019ampleur&nbsp;de la catholicit\u00e9 de l\u2019Eglise en s\u2019ouvrant \u00e0 l\u2019\u0153cum\u00e9nicit\u00e9 (avec les fr\u00e8res s\u00e9par\u00e9s), au dialogue inter-religieux (avec les musulmans et les juifs), aux assises de paix avec d\u2019autres \u00e9coles de sagesse, notamment orientales&nbsp;(hindouisme, bouddhisme\u2026), \u00e0 l\u2019accueil de t\u00e9moins de l\u2019agnosticisme contemporain (avec le pape actuel).<\/p>\n<p>L\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale a vocation \u00e0 \u00eatre catholique. Il lui faudra sans doute, au fil des ans, prendre une conscience toujours plus claire de ce en quoi elle peut elle-m\u00eame contribuer \u00e0 la catholicit\u00e9 de l\u2019Eglise dont elle entend se r\u00e9clamer. Ce peut n\u2019\u00eatre pas sans un certain courage alors m\u00eame que les tensions sont fortes dans cette Eglise qui va c\u00e9l\u00e9brer, elle aussi, \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e, un cinquantenaire&nbsp;: celui de l\u2019ouverture officielle en 1962 de ses travaux&nbsp;: trois ann\u00e9es de d\u00e9bats difficiles,&nbsp; de <em>disputationes<\/em>, de conflits entre adversaires qui parfois le demeurent encore aujourd\u2019hui. C\u2019est que l\u2019enjeu est bien celui de dire et de vivre en v\u00e9rit\u00e9 la catholicit\u00e9 d\u2019un Dieu que personne n\u2019a jamais vu mais est le Dieu universel, de tous dans leur diversit\u00e9, d\u2019un Dieu qu\u2019indique, signifie, montre et manifeste et dont t\u00e9moigne un Homme qui s\u2019en dit le Fils, mais inqui\u00e8te son propre peuple et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 faire bon accueil au centurion romain, \u00e0 la femme syro-ph\u00e9nicienne, au pa\u00efen de Gedara, \u00e0 la samaritaine,&nbsp; \u00e0 \u00e9voquer le salut des gens de Ninive et de Sodome, au nom d\u2019un Dieu plus grand&nbsp;!<\/p>\n<h2>Conclusion&nbsp;: Passer en faisant le bien\u2026 Message chr\u00e9tien de sagesse\u2026<\/h2>\n<p>L\u2019Universit\u00e9 au 21<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, en Afrique comme ailleurs et partout dans le monde, est requise de contribuer plus particuli\u00e8rement \u00e0 la recherche de ce qui fait son unit\u00e9 malgr\u00e9 tout, peut l\u2019aider \u00e0 sa r\u00e9conciliation et assurer sa paix. Au-del\u00e0 de consensus toujours possibles aux divers plans technique, politique, \u00e9thique, c\u2019est cependant de combats et de luttes d\u2019ordre spirituel qu\u2019il faut tr\u00e8s probablement ouvrir des perspectives de controverse et de dialogue. Il y faut sans doute de la foi. Et je forme trois v\u0153ux pour votre Universit\u00e9.<\/p>\n<p>Mon premier v\u0153u pour l\u2019UCAC est d\u2019acqu\u00e9rir cette Foi. Quelle FOI&nbsp;?&#8230; plut\u00f4t qu\u2019<em><u>en<\/u><\/em> Dieu\u2026 ou <em><u>en<\/u><\/em> J\u00e9sus\u2026 ou <em><u>en<\/u><\/em> tous les articles qui parlent de l\u2019un et de l\u2019autre, &#8230;ou encore de l\u2019Eglise en leur lieu et place\u2026 ne s\u2019agirait-il pas plus simplement de la Foi dont J\u00e9sus lui-m\u00eame parle&nbsp;et \u00e9voque les fruits quand il dit : <em>\u2018vous avez bien peu la foi. En v\u00e9rit\u00e9 je vous le dis, si vous aviez la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez \u00e0 cette montagne&nbsp;: Bouge d\u2019ici et va l\u00e0-bas&nbsp;! Et elle se d\u00e9placerait. Rien ne vous serait impossible.\u2019<\/em> Mon premier v\u0153u pour l\u2019UCAC est donc d\u2019acqu\u00e9rir cette Foi-l\u00e0, celle dont J\u00e9sus lui-m\u00eame a t\u00e9moign\u00e9&nbsp;: il a appris \u00e0 avoir la foi&nbsp;!<\/p>\n<p>Mon deuxi\u00e8me v\u0153u pour l\u2019UCAC est qu\u2019elle soit per\u00e7ue avant tout comme un lieu de Foi dans la grande famille des universit\u00e9s&nbsp;: au-del\u00e0 de la transmission de bien des savoirs, elle a plus encore la mission de dire ce qu\u2019il convient de sentir des mouvements qui font plus r\u00e9ellement la vie, l\u2019\u00e9volution, l\u2019histoire des Hommes&nbsp;\u2013 <em>l\u2019important n\u2019est pas d\u2019en savoir beaucoup, mais de sentir et go\u00fbter les choses int\u00e9rieurement\u2019<\/em> \u2013 et d\u2019agir alors selon de ce que l\u2019intelligence, la m\u00e9moire et l\u2019imagination peuvent inspirer \u00e0 la volont\u00e9. Pour agir et donc pour combattre&nbsp;: la vie est un combat pour la v\u00e9rit\u00e9 et la libert\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Mon troisi\u00e8me v\u0153u serait alors que, de l\u2019Universit\u00e9 en Afrique, naisse pour aujourd\u2019hui une culture plus universelle encore que toutes celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, au carrefour de l\u2019inter-culturalit\u00e9 (et non de virtuelles inculturations), au nom d\u2019un \u2018Dieu\u2019 plus grand&nbsp;et d\u2019un Homme plus grand que ceux auxquels nous sommes trop souvent habitu\u00e9s et dont nous sommes si vite lass\u00e9s ! Le christianisme est arriv\u00e9 sans doute dans la saison de son hiver \u2013 en Occident plus particuli\u00e8rement, serait-ce avec de beaux restes&nbsp;! \u2013 mais c\u2019est aussi le temps o\u00f9 son enfouissement pr\u00e9pare un printemps nouveau. L\u2019Afrique, comme les autres nations, est<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>Chine-Afrique&nbsp;: Le dragon et l\u2019autruche<\/em>, L\u2019Harmattan, 2006. La Chine, dragon rugissant, \u00e9tonne le monde du 21\u00e8me si\u00e8cle, et l&rsquo;Afrique, l&rsquo;autruche impuissante \u00e0 affronter ses d\u00e9fis, le d\u00e9sole. Qu&rsquo;est-ce qui a bien pu se passer pour que leurs sorts respectifs soient si diff\u00e9rents ? L\u2019ouvrage, \u00e9tablit les causes de cette dissym\u00e9trie des deux destins, passe en revue leurs exp\u00e9riences au cours des 60 derni\u00e8res ann\u00e9es, et analyse leurs ressorts politiques, \u00e9conomique et sociaux actuels.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cf. le rapport du CERDOTOLA (Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines) pour 2009&nbsp;: <em>La culture africaine dans le monde globalis\u00e9 du 21<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, <\/em>Yaound\u00e9 2011.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Communication au colloque de l\u2019UCAC (10-11 mai 2012)&nbsp;: &nbsp; Identit\u00e9 et mission de l&rsquo;Universit\u00e9 catholique en Afrique&nbsp;: Civilisation, culture et foi Introduction&nbsp;: Pourquoi un \u2018Europ\u00e9en\u2019 parle-t-il encore&nbsp;?&#8230; de savoir\u2026 ou d\u2019espoir&nbsp;? 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