{"id":1630,"date":"2020-11-02T11:59:00","date_gmt":"2020-11-02T10:59:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.institutafriquemonde.org\/?p=1630"},"modified":"2021-04-26T01:02:31","modified_gmt":"2021-04-25T23:02:31","slug":"note-de-lecture-de-l-avenue-kennedy-au-metro-chateau-rouge-chroniques-du-monde-d-en-bas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.institutafriquemonde.org\/index.php\/2020\/11\/02\/note-de-lecture-de-l-avenue-kennedy-au-metro-chateau-rouge-chroniques-du-monde-d-en-bas\/","title":{"rendered":"Note de Lecture: De l&rsquo;Avenue Kennedy Au M\u00e9tro Chateau-Rouge, Chroniques du Monde d&rsquo;en-bas (par Jean-Pierre Listre)"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Nouvelles sombres de lieux \u00ab\u00a0\u00e9ternellement en voie de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1746 alignleft\" src=\"https:\/\/www.institutafriquemonde.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/avenue-kennedy-194x300.jpg\" alt=\"\" width=\"194\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.institutafriquemonde.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/avenue-kennedy-194x300.jpg 194w, https:\/\/www.institutafriquemonde.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/avenue-kennedy.jpg 323w\" sizes=\"auto, (max-width: 194px) 100vw, 194px\" \/>Fran\u00e7ois-Xavier Akono, pr\u00eatre j\u00e9suite camerounais, nous livre une s\u00e9rie de chroniques douces-am\u00e8res de r\u00e9alit\u00e9s \u00e9prouvantes, autour de petites gens dont on ne voit pas tr\u00e8s bien comment ils s\u2019en sortiront un jour.<\/p>\n<p>D\u2019abord son style : il \u00e9crit par petites phrases incisives, parfois \u00ab\u00a0po\u00e9tiques\u00a0\u00bb mais pr\u00e9cises, ne pratiquant jamais l\u2019emphase m\u00e9lodramatique. Son vocabulaire est riche, imag\u00e9, mais clair et juste. Ses propos sont rigoureux sans \u00eatre p\u00e9dants, revenant souvent plusieurs fois sur une id\u00e9e afin de l\u2019enrichir, de l\u2019am\u00e9liorer, de l\u2019\u00e9tendre ; o\u00f9 l\u2019on voit d\u2019ailleurs, dans cette mani\u00e8re d\u2019avancer dans son r\u00e9cit, qu\u2019il est philosophe par go\u00fbt (et, souvent, de profession).<\/p>\n<p>Ensuite, la tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de ses \u00e9crits&nbsp;: il n\u2019est jamais dans l\u2019outrance, dans la d\u00e9magogie, mais toujours dans une empathie profonde pour ces pauvres \u00eatres qu\u2019il \u00e9voque, vrais ou imaginaires. Et, dans son style sobre mais appuy\u00e9, il peut \u00eatre en d\u00e9finitive beaucoup plus \u00e2pre et percutant que tous les pamphl\u00e9taires de seconde zone, habiles \u00e0 surfer sur les bons lieux communs tellement bien vus et faciles (tout ce qui arrive \u00e0 cette malheureuse Afrique est toujours de la faute des autres, les \u00e9ternels m\u00e9chants colonisateurs, les sales Blancs d\u00e9cid\u00e9ment imbuvables et vou\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre, \u2026), mais incapables d\u2019une pens\u00e9e autonome et originale.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois-Xavier Akono sait \u00eatre cru, voire plus, \u00e0 tel point que l\u2019on oublie parfois qu\u2019il est pr\u00eatre. Mais, encore une fois, cela est in\u00e9vitable, et tr\u00e8s bien ainsi, devant certaines situations r\u00e9voltantes. Et d\u2019ailleurs, ses propos \u2013 m\u00eame triviaux \u2013 ont une saveur et une sorte d\u2019\u00e9l\u00e9gance triste qui montrent qu\u2019ils ne viennent pas de n\u2019importe qui. Ne saurait-on pas qu\u2019il est un homme de Dieu, que l\u2019on se dirait n\u00e9anmoins que l\u2019auteur est un homme de bien, qui souffre profond\u00e9ment de ce qu\u2019il constate, et pas un journaliste en mal de sensations ou un homme politique qui n\u2019en est plus \u00e0 une hypocrisie pr\u00e8s. Il pars\u00e8me \u00e9galement ses textes de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des \u00e9crivains, artistes et chanteurs africains que l\u2019on ne conna\u00eet parfois qu\u2019assez peu, mais dont on comprend bien qu\u2019ils refl\u00e8tent exactement, dans leurs productions, le quotidien lamentable des petites gens avec une amertume ac\u00e9r\u00e9e et courageuse.<\/p>\n<p>Et, au total, ces bouts de texte \u2013 une sorte \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9criture en pointill\u00e9&nbsp;\u00bb &#8211; sont autant de charges impitoyables contre les \u00ab&nbsp;\u00e9lites&nbsp;\u00bb locales profiteuses, vicieuses et pourries qui ne donnent aucune chance au petit peuple de s\u2019en sortir hormis la&nbsp;possibilit\u00e9 de hurler avec les loups (pour les hommes travailler pour le&nbsp;parti au pouvoir, pour les femmes accepter les compromissions et d\u00e9ch\u00e9ances classiques\u2026) et d\u2019acc\u00e9der ainsi \u00e0 une toute petite \u2013 et tellement provisoire &#8211; parcelle de r\u00e9compense. Les Blancs ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s, mais c\u2019est naturel, car ils paraissent \u00ab&nbsp;laisser faire tout \u00e7a&nbsp;\u00bb, pas par m\u00e9pris ou recherche du gain \u2013 d\u2019ailleurs, il n\u2019y a pas beaucoup \u00e0 gagner dans ces petites histoires \u2013 mais par lassitude et sentiment que, d\u00e9sormais, l\u2019on ne peut plus faire grand-chose.<\/p>\n<p>Cependant les Blancs ont encore, dans l\u2019imaginaire du reste du Monde, une telle longueur d\u2019avance pour \u00ab&nbsp;s\u2019en sortir&nbsp;\u00bb ! \u2026 Peut-\u00eatre plus pour longtemps d\u2019ailleurs, \u00e0 force de se paup\u00e9riser et d\u2019\u00eatre aveugles, sans fiert\u00e9 et sans boussoles\u2026&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>On peut distinguer quelques grands th\u00e8mes r\u00e9currents et quelques lieux favoris que l\u2019auteur arpente d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, dans l\u2019espoir \u2013 toujours d\u00e9\u00e7u &#8211; d\u2019une am\u00e9lioration. Les personnages de Fran\u00e7ois-Xavier Akono vivent beaucoup sur les trottoirs (de Paris, de Yaound\u00e9\u2026), mettant en place de pauvres strat\u00e9gies pour survivre, essentiellement \u00e0 partir de tr\u00e8s petits boulots de revente de biens indispensables&nbsp;; ils ont souvent plus que le temps de m\u00e9diter sur la mani\u00e8re dont va le monde et ne pensent qu\u2019au pr\u00e9sent de l\u2019indicatif le plus imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>Par ailleurs, leur environnement de personne mis\u00e9rable se d\u00e9grade \u00e0 la mesure de la fragmentation de la soci\u00e9t\u00e9 mondiale, qui permet aux riches de vivre toujours plus entre eux dans un univers convenablement prot\u00e9g\u00e9, laissant le reste de l\u2019humanit\u00e9 se d\u00e9brouiller au milieu des tas d\u2019ordures. Toute cette humanit\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e survit \u00ab&nbsp;dans environnement o\u00f9 pullulent les bars \u00e0 haute nuisance sonore dans lesquels l\u2019alcool coule \u00e0 flot&nbsp;\u00bb. Elle voit, en particulier, \u00ab&nbsp;l\u2019incivisme se d\u00e9velopper sous la forme d\u2019une gestion calamiteuse des ordures m\u00e9nag\u00e8res [\u2026] ou la n\u00e9gligence de l\u2019entretien routier \u00bb. Les \u00ab&nbsp;ajustements structurels&nbsp;\u00bb impos\u00e9s nagu\u00e8re \u00e0 ces pauvres pays ne sont \u00e9videmment pas pour rien, non plus, dans leurs difficult\u00e9s.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>Quelques floril\u00e8ges regroup\u00e9s par th\u00e8me&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><em>Les enfants des rues et autres jeunes en perdition<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Je suis un enfant de la rue, petit vendeur d\u2019arachides qui se fait voler sa recette par une bande de malfrats qui me laissent \u00ab&nbsp;gisant par terre&nbsp;\u00bb&nbsp;; ma vie n\u2019offre pas de perspectives bien grisantes, surtout lorsque, de retour \u00e0 la maison apr\u00e8s sept kilom\u00e8tres \u00e0 pied, \u00ab&nbsp;la&nbsp;m\u00e8re a des col\u00e8res orageuses&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;le p\u00e8re n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 user de triques \u00bb \u2026 Mais il faut voir que les parents bossent tr\u00e8s dur \u00e9galement. Enfin, j\u2019essaye de m\u2019en sortir en lisant des livres de philosophie que je traduis en <em>camfranglais<\/em> pour les autres. Du coup, les enfants du quartier m\u2019appellent \u00ab&nbsp;vieux cerveau \u00bb &#8230;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>On vient de m\u2019expulser de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Je suis Camerounais d\u2019adoption, en fait Congolais, mais c\u2019est compliqu\u00e9, je passe. Etant bon en classe, mes parents se sont endett\u00e9s pour me faire faire des \u00e9tudes en France. J\u2019ai une licence obtenue \u00e0 Assas. Je n\u2019ai pas voulu continuer \u00e0 suivre des \u00e9tudes ou \u00e9pouser une fran\u00e7aise et passer pour quelqu\u2019un qui veut rester en France \u00e0 tout prix, \u00ab&nbsp;comme ces pr\u00eatres d\u2019Afrique qui refusent de retourner au bercail. Ils pr\u00e9f\u00e8rent vivre en France pour nourrir l\u2019Afrique&nbsp;; et se nourrir&nbsp;\u00bb. Puis mon visa a expir\u00e9 et, b\u00eatement, je me suis fait prendre du c\u00f4t\u00e9 de Ch\u00e2teau-Rouge par les policiers. C\u2019est un \u00e9chec. L\u00e0-bas, au Cameroun, les gens vont se moquer de moi et m\u2019appeler \u00ab&nbsp;ancien parigoh&nbsp;\u00bb. Ceci \u00e9tant, si tous les Africains vont en Occident, qui viendra \u00ab&nbsp;d\u00e9velopper&nbsp;\u00bb leur continent&nbsp;?<\/p>\n<p>Je suis Petru, Roumain par mon p\u00e8re et Bulgare par ma m\u00e8re. Costaud, je suis un loup solitaire. Chr\u00e9tien convaincu, je viens mendier devant les \u00e9glises, profitant de la na\u00efvet\u00e9 des p\u00e9p\u00e9s et des m\u00e9m\u00e9s du VI<sup>e<\/sup>. Dans la religion chr\u00e9tienne, j\u2019avoue que je ne comprends pas toujours cette \u00ab&nbsp;option pr\u00e9f\u00e9rentielle pour les pauvres&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Ce langage de J\u00e9suite me renverse&nbsp;\u00bb. Parfois je me dis que, \u00e0 ma fa\u00e7on, je rends service aux gens riches qui manquent d\u2019assurance et sont presque \u00ab&nbsp;m\u00e9contents d\u2019exister&nbsp;\u00bb en leur permettant de me faire l\u2019aum\u00f4ne&nbsp;!<\/p>\n<p>Je suis un \u00ab&nbsp;pingouin&nbsp;\u00bb \u00e0 la Prison centrale de Douala, c\u2019est-\u00e0-dire quelqu\u2019un au dernier degr\u00e9 de la condition carc\u00e9rale, car ne pouvant compter sur personne. Ce dernier degr\u00e9 est inimaginable pour une personne sens\u00e9e. Comment ne pas conclure avec Enoh Meyomesse, \u00ab&nbsp;qui a retrouv\u00e9 un air de libert\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas un endroit plaisant la prison&nbsp;; vous pouvez r\u00e9ussir \u00e0 ne pas vous faire \u00e9liminer l\u00e0-bas, mais vous \u00eates coup\u00e9 de tout\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Les petits m\u00e9tiers, souvent \u00ab \u00e0 la limite \u00bb.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019Avenue J.F. Kennedy de Yaound\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u00e9fie celle des Champs-Elys\u00e9es, non par le nombre de passants et de badauds, mais par l\u2019occupation des trottoirs&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Vendeuses, vendeurs et d\u00e9brouillards&nbsp;\u00bb devisent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur leur vie imp\u00e9cunieuse, leurs r\u00eaves fan\u00e9s d\u2019\u00e9migration vers des paradis d\u00e9sormais bien frelat\u00e9s et leurs envies sourdes de r\u00e9volte envers les forces de l\u2019ordre locales \u00e0 l\u2019affut. Mais l\u00e0, comme dit laconiquement l\u2019auteur, \u00ab&nbsp;certains seront abattus&nbsp;\u00bb \u2026&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Avoir des maux de poche&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire manquer cruellement de sous, comment faire quand on a 22 ans et que l\u2019on est belle&nbsp;? On h\u00e9site entre le jeune soupirant qui \u00ab&nbsp;se confond en pleurs de gal\u00e9riens&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;des vieux vicieux qui viennent me raccompagner\u2026 en voitures de grand prix\u2026 et me donnent de quoi entretenir ma beaut\u00e9&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n<p>Coiffeur clandestin \u00e0 Barb\u00e8s, sa vie n\u2019est presque rien. Dans son d\u00e9lire, il r\u00eave de faire venir en Occident de nombreux autres Africains comme lui qui \u00ab&nbsp;ont mission d\u2019humaniser ce monde pourri par la haine et l\u2019orgueil&nbsp;\u00bb, car \u00ab&nbsp;ils poss\u00e8dent le f\u00e9tiche qui gu\u00e9rira le monde malade&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Au Cameroun, pour s\u2019en sortir, la recette est simple&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quelqu\u2019un est quelqu\u2019un derri\u00e8re quelqu\u2019un&nbsp;\u00bb. Ce qui n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde. Voil\u00e0 pourquoi, \u00ab&nbsp;il a quitt\u00e9 son pays bien-aim\u00e9&nbsp;\u00bb. Depuis, son visa va expirer et il cherche du travail au noir. Ne pouvant faire comme ses s\u0153urs qui tentent de d\u00e9nicher le Blanc qui va leur faire un petit m\u00e9tis en jouant de \u00ab&nbsp;leur arri\u00e8re-train&nbsp;\u00bb et leur assurer un avenir prosp\u00e8re, il envisage de s\u2019occuper de personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes comme sa cousine End\u00e9n\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019arrive de Budapest, je vous passe les d\u00e9tails. Il faut que je verse 150 euros par jour \u00e0 mon \u00ab&nbsp;superviseur&nbsp;\u00bb. Et je fais la manche, assise par terre du c\u00f4t\u00e9 de la rue de S\u00e8vres. Heureusement, les p\u00e9p\u00e9s et les m\u00e9m\u00e9s du VI<sup>e<\/sup> sont gentils et un peu b\u00eates. Mais, il va falloir que je mette mon fils au travail, lui sortir la t\u00eate de son smartphone et lui apprendre les bonnes mani\u00e8res pour m\u2019aider \u00e0 \u00ab&nbsp;faire&nbsp;\u00bb mes 150 euros quotidiens.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Les gens honn\u00eates malgr\u00e9 tout, mais presque toujours tellement d\u00e9\u00e7us\u2026<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Les bonnes \u00e2mes pensent qu\u2019il suffirait \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9tudier&nbsp;\u00bb pour sortir de la pr\u00e9carit\u00e9, mais quand on voit \u00ab&nbsp;la clochardisation des fonctionnaires, les compressions du personnel et les \u00e9tudiants d\u00e9senchant\u00e9s au sortir de l\u2019Universit\u00e9&nbsp;\u00bb, parce que ces derniers n\u2019auront pas eu les bons pistons pour trouver un boulot d\u00e9cent, on se dit qu\u2019ils vont \u00ab&nbsp;rejoindre le cercle agrandi des d\u00e9brouillards&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Chansonni\u00e8re ambulante&nbsp;\u00bb, je travaille en \u00e9quipe avec d\u2019autres jeunes et on forme un petit orchestre pour \u00ab&nbsp;divertir les gens ordinaires en les rejoignant dans leur rep\u00e8re de bonheur \u00e9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Le 8 mars, jour de la f\u00eate internationale de la femme, cela se traduit chez nous, au Cameroun, en carnaval du Kaba-Ngondo, qui met les femmes en transe et leur permet \u00ab&nbsp;d\u2019envoyer leur robe \u00e9vas\u00e9e \u00e0 la hauteur de la t\u00eate&nbsp;\u00bb. C\u2019est tout dire\u2026 Bon, j\u2019essaye \u00e0 toute force de \u00ab&nbsp;batailler pour vivre afin de n\u2019\u00eatre pas une femme escroc&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Yob Mbumbua-Meboa avait la d\u00e9marche claudicante de quelqu\u2019un qui boit trop, certes, mais qui, surtout, n\u2019a plus qu\u2019une pauvre paire de souliers us\u00e9s et qui lui font mal. Jadis prosp\u00e8re et respect\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;compress\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e0 la suite des d\u00e9boires d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 parapublique \u00e0 la gestion calamiteuse.&nbsp; Et,&nbsp;\u00ab&nbsp;homme amoindri&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;il n\u2019est plus rien car il n\u2019a plus rien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Ah, la grande question de la contribution\/participation&nbsp;! Bien s\u00fbr, c\u2019est tr\u00e8s bien d\u2019aider les proches dans des \u00e9v\u00e8nements heureux ou malheureux. Une fa\u00e7on de dire aux autres qu\u2019ils ne sont pas seuls. Mais, attention \u00e0 ne pas cr\u00e9er un sentiment de d\u00e9pendance chez celui qui a re\u00e7u. Et pourquoi cantonne-t-on souvent cette contribution\/participation au domaine du manger et du boire&nbsp;? Cela ne serait pas mal si on pouvait l\u2019\u00e9tendre, par exemple, \u00e0 un projet de \u00ab&nbsp;forage dans un village qui en manque cruellement&nbsp;\u00bb \u2026 &nbsp;&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><em>Les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Le Chinois des provinces recul\u00e9es n\u2019a parfois jamais vu d\u2019autres personnes que ses semblables. Et comme le cin\u00e9ma ou la t\u00e9l\u00e9vision ont \u00ab&nbsp;le pouvoir d\u2019illusions&nbsp;\u00bb, le Noir pouvait lui para\u00eetre une \u00ab&nbsp;fiction litt\u00e9raire ou cin\u00e9matographique&nbsp;\u00bb. Et comme l\u2019image du Noir renvoy\u00e9e par les m\u00e9dias n\u2019est pas toujours flatteuse, il arrive que les Chinois estiment qu\u2019un Noir ne compte pas pour grand-chose finalement. Et quand ils rencontrent un vrai Noir dans la vraie vie, il arrive qu\u2019ils adoptent machinalement une attitude sup\u00e9rieure, voire m\u00e9prisante. D\u2019autant plus que \u00ab&nbsp;quand on affiche trop l\u2019Afrique, quand on met trop les symboles de l\u2019Afrique en avant, \u00e7a f\u00e2che&nbsp;\u00bb. Mais, quand m\u00eame, pourquoi ce Chinois m\u2019a-t-il crach\u00e9 \u00e0 la figure, moi Camerounais&nbsp;? &nbsp;Il avait peut-\u00eatre honte et \u00e9tait furieux de d\u00e9couvrir que l\u2019homme qu\u2019il avait en face de lui et qu\u2019il m\u00e9prisait par pr\u00e9jug\u00e9, \u00e9tait au fond comme lui \u00ab&nbsp;un bip\u00e8de qui raisonne&nbsp;\u00bb. La \u00ab&nbsp;charge \u00e9motive&nbsp;\u00bb \u00e9tait peut-\u00eatre trop forte pour le Chinois\u2026&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><em>Prises de conscience et, parfois, petites lueurs d\u2019espoir. <\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Je suis <em>Nken Ikede Lon Yem<\/em> (litt\u00e9ralement \u00e9tranger dans mon pays), un Fran\u00e7ais d\u2019origine camerounaise. Je me demande si, bien que n\u2019\u00e9tant pas all\u00e9 au Cameroun depuis 33 ans, je ne suis pas consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;\u00e9tant de trop&nbsp;\u00bb ici\u2026 Mais j\u2019ai des r\u00eaves&nbsp;: je fais partie d\u2019une ONG qui apporte 32 bancs dans une petite classe de brousse, \u00ab&nbsp;sous les arbres&nbsp;\u00bb, dans le Nord Cameroun. Je suis accueilli comme un messie, naturellement. Mais les enseignants d\u00e9clinent tous l\u2019offre d\u2019aller dans ce coin perdu. Alors, choqu\u00e9, r\u00eavant plus que jamais d\u2019une \u00e9ducation pour tous, constatant que les politiques se d\u00e9faussent, je lance un mouvement quasi biblique, pour mobiliser mes fr\u00e8res et s\u0153urs sur ce projet\u2026<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Je veux vivre dans la paix et dans la joie&nbsp;\u00bb. Formulation simple. Mais, ayant pourtant un master en biologie en poche, je suis \u00ab&nbsp;d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;sans nom ni visage&nbsp;\u00bb, n\u2019ayant pas les bonnes entr\u00e9es. Je suis r\u00e9duite \u00e0 g\u00e9rer une cabine t\u00e9l\u00e9phonique. Ne voulant pas rentrer au village, et disposant de temps, je me nourris de philosophie pour construire mon avenir. Mes conditions de \u00ab&nbsp;vie mauvaise&nbsp;\u00bb trouvent un \u00e9cho direct dans le <em>Manifeste de philosophie sociale<\/em> de Fischbach. Je suis une lutteuse, je vais y arriver.<\/p>\n<p>Le provisoire, le bricolage entra\u00eenent des drames, des morts. Une construction qui s\u2019effondre parce que les mat\u00e9riaux employ\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s au rabais, un train qui d\u00e9raille faute d\u2019entretien, des d\u00e9lestages d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 intempestifs comme \u00e0 Kinshasa\u2026 C\u2019est end\u00e9mique. A un point tel que les anc\u00eatres diront aux nouveaux venus dans leur monde qu\u2019ils ne sont \u00ab&nbsp;pas du tout d\u00e9sireux de revenir sur terre&nbsp;\u00bb&nbsp;! Le provisoire est le refus du solide, du d\u00e9finitif&nbsp;; \u00ab&nbsp;le provisoire traduit une culture du rabais&nbsp;\u00bb&nbsp;; cela revient \u00e0 \u00ab&nbsp;exister dans l\u2019esbroufe, \u2026, dans l\u2019irresponsabilit\u00e9&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Le provisoire nous conduit \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que tout sonne faux&nbsp;\u00bb. Au contraire, \u00ab&nbsp;construire dans la dur\u00e9e appelle \u00e0 se d\u00e9terminer dans le choix des solutions elles-m\u00eames \u00e9prouv\u00e9es par l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019une fondation solide&nbsp;\u00bb.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p>Un nouveau bar \u00e0 Yaound\u00e9&nbsp;? \u00ab&nbsp;Davantage de bi\u00e8re et moins de livres&nbsp;\u00bb. Davantage de bruits aussi et de danses fr\u00e9n\u00e9tiques. Voil\u00e0 les trois composantes du \u00ab&nbsp;bonheur futile&nbsp;\u00bb, du \u00ab&nbsp;bonheur nihiliste&nbsp;\u00bb, du bonheur \u00e9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Et que dire de ces minables soir\u00e9es de \u00ab&nbsp;No\u00ebl fr\u00e9n\u00e9tique&nbsp;\u00bb ou de ces d\u00e9lires de la Nouvelle ann\u00e9e&nbsp;? Comme le chante Christophe Ma\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;il est o\u00f9 le bonheur, il est o\u00f9&nbsp;? \u00bb \u2026<\/p>\n<p>Comment dire, on voit bien l\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre un j\u00e9suite de bonne facture, libre, courageux, bousculant les puissants et les habiles du jour quels qu\u2019ils soient \u2013 y compris d\u2019ailleurs des gens d\u2019\u00e9glise. On y distingue, aussi et surtout, un homme qui s\u2019acharne \u00e0 trouver les portes de sortie du malheur pour ses pauvres fr\u00e8res humains. Tout cela ne vous rappelle pas quelqu\u2019un&nbsp;? Ah si, tiens, le P\u00e8re Maugenest peut-\u00eatre\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est un tr\u00e8s beau livre. Vraiment. Mais dont &#8211; \u00e0 l\u2019\u00e9vidence \u2013 la probabilit\u00e9 qu\u2019il connaisse une audience v\u00e9ritable et un succ\u00e8s quelconque est proche de z\u00e9ro. Dommage, dommage, \u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean-Pierre Listre<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouvelles sombres de lieux \u00ab\u00a0\u00e9ternellement en voie de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois-Xavier Akono, pr\u00eatre j\u00e9suite camerounais, nous livre une s\u00e9rie de chroniques douces-am\u00e8res de r\u00e9alit\u00e9s \u00e9prouvantes, autour de petites gens dont on ne voit pas tr\u00e8s bien comment ils s\u2019en sortiront un jour. 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