Co-créer une éducation humaniste avec la jeunesse

La société civile francophone appelle à co-créer une éducation humaniste avec la jeunesse à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation 2026

IAM – Paris, 24 janvier 2026

À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, la Conférence des Organisations Internationales Non Gouvernementales de la Francophonie (COING) présidée par l’Institut Afrique Monde (IAM) depuis le 2 octobre 2025, a lancé un appel solennel en faveur d’une transformation profonde des systèmes éducatifs francophones.

Dans un plaidoyer adressé aux États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi qu’à la Direction générale de l’UNESCO, la société civile francophone plaide pour une éducation humaniste, co-créée avec la jeunesse et porteuse d’un avenir commun.

Claude Musavyi, Président de la COING

Une crise éducative systémique qui appelle un sursaut politique

La COING alerte sur la nature multidimensionnelle de la crise éducative actuelle : inégalités persistantes d’accès et de qualité, perte de sens des parcours éducatifs, décalage croissant avec les réalités de l’emploi, défis écologiques, bouleversements induits par le numérique et l’intelligence artificielle, fragilisation des systèmes éducatifs dans les contextes de crise et de mobilité forcée.

Face à ces mutations structurelles, l’éducation ne peut plus être considérée comme une simple politique sectorielle. Elle constitue un bien public mondial, un levier de cohésion sociale, un pilier de la paix et un investissement stratégique pour des transitions justes et durables. La COING invite ainsi les décideurs francophones à assumer un choix politique clair : replacer l’éducation au cœur des priorités publiques.

Une vision humaniste partagée par l’UNESCO et la Francophonie

Le plaidoyer s’inscrit dans la continuité des grandes références normatives de l’UNESCO – du rapport Faure à l’Agenda Éducation 2030, en passant par le rapport Delors et le Nouveau contrat social pour l’éducation. Cette tradition humaniste converge avec l’ambition portée par la Francophonie : promouvoir une éducation au service de la dignité humaine, de la diversité culturelle, de la citoyenneté démocratique et du dialogue entre les peuples.

La COING met également en avant le Pacte éducatif global, comme boussole éthique et politique pour refonder les systèmes éducatifs autour de la personne, du lien social, de l’égalité, de l’écologie intégrale et de la responsabilité collective.

Faire de la jeunesse une co-créatrice des politiques éducatives

L’un des messages centraux de l’appel lancé par la COING rejoint la thématique portée par l’UNESCO pour l’édition 2026 de la Journée internationale de l’éducation : les jeunes ne doivent plus être perçus uniquement comme bénéficiaires des politiques éducatives, mais comme co-créateurs à part entière des systèmes éducatifs.

Dans l’espace francophone, cette ambition trouve une traduction concrète à travers le Réseau international des jeunes de la Francophonie (RIJF). La COING plaide pour l’institutionnalisation de sa contribution dans la gouvernance éducative de l’OIF, afin de garantir une participation structurée, continue et transformatrice de la jeunesse à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques en matière d’éducation.

L’éducation des filles, levier central de transformation

La COING rappelle avec force que l’éducation des filles demeure un déterminant majeur de toute transformation éducative durable. Malgré des avancées notables, les jeunes filles restent confrontées à des inégalités structurelles d’accès, de maintien dans les parcours scolaires et de représentation dans les filières scientifiques et numériques.

Dans la droite ligne des engagements de l’OIF en matière d’égalité femmes-hommes, la société civile francophone appelle à faire de l’éducation des filles un indicateur central de performance des politiques éducatives, et à articuler plus étroitement les stratégies jeunesse et égalité de genre. Cette approche différenciante positionne la Francophonie comme un laboratoire potentiel de politiques éducatives inclusives à l’échelle internationale.

Un appel aux responsabilités partagées

Au-delà des États et des organisations internationales, la COING interpelle l’ensemble des acteurs : collectivités, institutions éducatives, société civile, secteur privé responsable. Elle appelle à des partenariats durables en faveur d’innovations pédagogiques éthiques, de technologies éducatives émancipatrices et d’un investissement accru dans la recherche et l’innovation éducative.

Éduquer avec la jeunesse pour faire avenir commun

En lançant cet appel à l’occasion du 24 janvier, la société civile francophone rappelle que l’éducation est à la fois un acte d’espérance et un choix politique structurant. Reconnaître la jeunesse comme co-créatrice, placer la personne au centre des systèmes éducatifs et renouveler les alliances entre acteurs publics, privés et citoyens constituent, selon la COING, des conditions essentielles pour bâtir un avenir commun fondé sur l’humanisme, la solidarité et la paix.

« Éduquer ensemble, c’est faire société. Éduquer avec la jeunesse, c’est choisir l’avenir. »

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