Le pluralisme religieux: 1. Aujourd’hui…

Cette première Lettre que nous publions a pour visée de constituer un atelier de réflexion sur le pluralisme religieux aujourd’hui en Afrique.

Certes les manifestations récentes sur le continent, consécutives aux attentats djihadistes à Paris il y a un mois, en soulignent l’urgence. Mais cela fait déjà plusieurs décennies que sont apparus les signes de tension qui travaillent les aspirations religieuses des sociétés africaines : ‘révolutions’ en monde arabe, visant à redéfinir l’oumma (communauté mythologique musulmane) ; restauration des religions traditionnelles en Afrique Noire ; inculturation du christianisme d’origine occidentale, à la suite du concile Vatican II ; récente introduction de différentes écoles bouddhistes au sud du Sahara…

Fin mai à Cotonou (Bénin), Albert Tévoedjré, parrain de l’IAM, ouvrira un Projet triennal d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interculturel et inter-religieux prenant en compte ces quatre univers spirituels. C’est dans ce même esprit que nous avons donc souhaité constituer un petit atelier pour approfondir la portée et les enjeux des différentes ‘offres spirituelles et religieuses’ dans le contexte du 21ème siècle, au seuil du 3ème millénaire de l’ère chrétienne.

Nous souhaitons réunir dans deux mois, en avril, toutes celles et ceux qui poursuivraient volontiers l’entreprise quelques temps. D’ici là, nous publierons, chaque semaine, les billets hebdomadaires qui devront nous permettre de poser les bases de la réflexion et du dialogue.

2015 : la nouvelle année s’ouvre après une année 2014 qui ne laisse guère, dans l’opinion publique, que ce soit en France, en Europe, et plus généralement dans le monde, d’impression très optimiste quant à la situation que vivent les diverses sociétés qui peuplent la planète. A tous les plans, chacune d’elle doit faire face à des défis – démographiques, économiques, financiers, sociaux, politiques, culturels, religieux, internationaux – engendrant plutôt une atmosphère pessimiste quant aux perspectives de résolution des conflits qui en sont les expressions. Les attentats de Paris et leurs suites en Afrique en ce début d’année n’en sont évidemment pas une amélioration.

Depuis la base la plus concrète où se posent les problèmes qui font l’actualité la plus quotidienne – les migrations des populations abandonnant leurs territoires ruraux, l’insécurité de ceux qui résident dans les quartiers urbains, le chômage dans de nombreuses économies, l’accroissement de la pauvreté pour le plus grand nombre dans la plupart des nations… – jusqu’au sommet de la société internationale ayant à gérer des conflits publics ou des tensions plus discrètes dans l’ensemble du monde, partout semblent prévaloir un esprit, une attitude et un comportement marqués principalement par le doute de pouvoir afficher et consolider des convictions, d’affirmer sa foi, et de construire la paix… tandis que dans le même temps s’affirme chaque jour davantage un besoin et une recherche de ‘spiritualité.

Plus encore qu’une crise générale affectant toutes les manifestations extérieures et matérielles du vivre ensemble des collectivités humaines, c’est en effet à une crise d