Le Sommet de l’Union Africaine de Juillet à Kigali : Une Gouvernance de l’Union en Sursis

Dans la capitale rwandaise où se déroulait, le 27ème sommet de l’Union africaine (UA) qui devait consacrer l’élection du président, son adjoint et les huit commissaires de la Commission de l’UA, organe permanent qui assure le fonctionnement de l’institution au quotidien, s’est soldé par un manque de consensus. La succession de Nkosazana Dlamini-Zuma, première femme à occuper ce poste prestigieux, n’a pas l’allure d’une simple formalité administrative. Il est d’ailleurs rare, dans l’histoire de l’Union africaine que l’élection du président de la commission intervienne dans un climat consensuel. Les tensions ont presque toujours jalonné les processus de nomination des présidents de la Commission de l’Union africaine, souvent acquise au terme d’un grand nombre de tours de scrutins.

Bien que le parcours professionnel et l’expérience internationale des candidats comptent lors de l’élection à un poste au sein de la Commission, les règlements insistent sur la nécessité d’une répartition géographique équitable. Les efforts diplomatiques menés par les chefs d’État des pays d’origine des candidats jouent également un rôle important dans le succès ou l’échec d’une candidature. L’équilibre entre les sexes est un autre critère à prendre en considération. C’est bel et bien à ce qu’il faut appeler des préalables politiques, voire stratégiques que doit prendre en compte par les Etats membres. La procédure de nomination du titulaire du poste, dans laquelle le dernier mot revient toujours aux Etats membres, a été donc ajournée à Kigali.Les candidatures sont ré-ouvertes et d’autres prétendants et pas des moindres sont également annoncés. Si ce sursis n’a rien de surprenant et ne reflète pas toujours les difficultés rencontrées en amont de la procédure, il ne reflète pas mois les divisions perceptibles dès l’enclenchement des premières tractations à l’UA.

L’Afrique qui reste fortement chevillée à l’unanimisme et au consensus comme processus décisionnel sur des questions extrêmement complexes cherche à doter le premier fonctionnaire de l’UA d’une forte légitimité lui permettant d’assumer une fonction de plus en plus complexe. L’extension des activités de l’UA et la multiplication des structures qui s’en est suivie ont radicalement transformé le cadre institutionnel dans lequel évolue la présidente de la commission.

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