Hommage au Cardinal Tumi

C’est à l’occasion des rentrées solennelles de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), qu’il présidait en sa qualité de Grand Chancelier de l’Université, que j’ai rencontré en novembres 2001 et 2002, le Cardinal TUMI. Lors de l’une de ses interventions auprès des étudiants, j’ai noté le message qu’il leur adressait :

  1. Aimer ce que l’on fait
  2. Croire en ce que l’on fait et avoir confiance
  3. Respecter la discipline et l’accepter
  4. Eviter le mal moral qui conduit au désordre spirituel
  5. Avoir une humilité intellectuelle, plus on apprend, plus on s’aperçoit de l’importance de ce qu’il reste à connaître
  6. Persévérer dans ce que l’on fait.

C’est au cours du traditionnel déjeuner qui suivait la cérémonie que nous avions pu échanger. Ce pasteur impressionnant, pas seulement par sa stature, devenait simple, convivial et direct dans les échanges avec les uns et les autres. Il avait un franc parler et en même temps de l’empathie avec ses interlocuteurs, attentif à ce qu’ils disaient. Il parlait de choses graves avec le sourire !

Je l’ai également rencontré à l’occasion de la célébration des 10 ans de l’UCAC. Il présidait une messe « pontificale » entouré de 5 évêques et archevêques, dont celui chargé des universités catholiques venu spécialement de Rome. Je me souviens de son homélie pédagogique sur le « jugement dernier ». C’était un homme qui exprimait sa foi avec vigueur et conviction.

Il nous reçut avec Porticus à Douala pour une vision plus sociale et politique du Cameroun. Sous des abords chaleureux, il était réaliste et assez sévère sur la situation globale du pays sous ses différents aspects politique, économique et social.

Il n’hésitait pas à critiquer le pouvoir présidentiel pour les décisions qui ne respectaient pas les droits de l’homme.  Son dernier engagement lors des récents événements entre anglophones et francophones a sans doute permis que la situation ne dégénère pas en conflits plus meurtriers.

Il était écouté et respecté, et sans doute aussi un peu craint par le pouvoir sans céder à ces idées en tant qu’homme, de chrétien, de chef d’une Eglise et d’homme engagé sur la vie politique de son pays.

Son rayonnement dépassait les frontières de son pays, il a été un grand témoin pour l’Afrique.

Nous pouvons former le vœu que son successeur Monseigneur Kléda que j’avais rencontré et apprécié, saura continuer son œuvre.   

 

                                                                                             

  Jean-Bernard Bruneteaux

                                                                                        (Enseignant à l’UCAC 2000-2002)

Share with:

FacebookTwitterLinkedIn


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top